Violette Morris : une femme très célèbre mal connue

Violette Morris fut l’une des sportives françaises les plus remarquables de l’entre-deux-guerres

Née dans une  famille bourgeoise aisée, – son père est baron – d’origine étrangère du sud de la méditerranée, elle  vient au monde après un petit garçon disparu avant elle, et dont la mère inconsolable,  ne s’intéressera pas à elle. Ce sera un « garçon manqué ».

Pourtant,  si elle ne cultive pas sa féminité, elle est jolie,  mais avec une largeur d’épaule qui lui donne du coffre. 

Avec un tempérament et une force hors du commun, elle fait tout pour être reconnue :  sadevise est « ce qu’un homme fait, Violette peut le faire » . C’était  une colosse , ses biceps avaient une circonférence de près de 35 centimètres  soit environ la taille du cou d’une femme moyenne, pour un mètre soixante-cinq. En 1914, à 21 ans elle se marie avec un homme – qui l’aime –  sans doute pour gagner sa liberté. 

Elle pratique avec succès un nombre impressionnant de disciplines : lancer du poids, lancer du disque, lancer du javelot, football, boxe, natation, cyclisme, course automobile, motocyclisme. Elle a découvert certains sports en Angleterre  là où les suffragettes féminines commencent à avoir un certain retentissement, et fait du football et du rugby féminin.

Elle  sort gagnante de combats contre les hommes dans les disciplines masculines les plus dures (par exemple;  à 16 ans,  elle affronte un boxer en combat régulier et le bat).   

Le public l’adore, les hommes la suivent durant les compétitions masculines, qu’elle remporte contre eux,. La seule championne qui est célèbre à ce moment là est une championne de tennis qui cultive sa féminité avec cependant des jupes plus courtes et la  célèbre coupe à la garçonne.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Violette la mal nommée,  qui a 21 ans, se met au service de la France :  il s’agissait  de conduire sur des terrains accidentés et dangereux, au-delà des tranchées, pour récupérer sur des brancards des soldats ensanglantés qu’il fallait évacuer  vers l’hôpital. On a alors découvert qu’elle était  d’une bravoure exceptionnelle, car elle intervient  dans les secteurs les plus dangereux de Verdun et de la Somme, souvent sous le feu ennemi. Plusieurs témoignages soulignent son courage et son absence totale de peur, C’est durant cette période qu’elle découvre la conduite rapide et développe sa passion pour les véhicules motorisés, qui la conduira plus tard vers la compétition automobile, puis vers sa mort.

Après la guerre, Violette décide de quitter son mari – elle divorce de Cyprien – mais ne renonce pas   au pantalon de son uniforme de la Croix-Rouge qui devient la pièce maîtresse de sa garde-robe. A cette période, très exposée aux médias, c‘était une initiative audacieuse , où des lois datant de l’époque napoléonienne interdisaient aux femmes de le porter. Pire elle porte le costume masculin et se fait couper les cheveux très courts.

Mais, ses principaux succès seront durant les années vingt à trente : championne et recordwoman du monde au poids et au disque, double médaillée d’or aux Olympiades féminines de 1921 et 1922, Internationale française de football, Championne de France de boxe en 1923, Pilote automobile reconnue, participant notamment au Bol d’Or (arrivée 3em elle est déçue, pour elle seule compte, la première place).

A cette période, elle a adopté un mode de vie très libre,    fumant en public et surtout assumant son homosexualité, en s’affichant dans les vestiaires des femmes: elle vit avec une femme connue  sur une péniche, et surtout elle a des revendications pour les femmes dans les compétitions, et n’a jamais  renié son sexe.

Ceci provoque de nombreux conflits avec les fédérations sportives françaises. Elle finit par être exclue de certaines compétitions – par une dirigeante femme qui est pourtant féministe- pour des motifs qualifiés alors de  » moraux « . Il faut dire que son  caractère révolté dérange. car elle est allé encore plus  loin : elle s’est faite enlever les deux seins – sous prétexte de gêne dans la conduite automobile lors d’une opération rare à cette époque, ce qui est fort impopulaire dans une France où la femme est et doit être (notamment après 14/18) être une reproductrice, une mère.

En 1930,  elle attaque la fédération pour l’avoir exclu, dans un procès retentissant, qu’elle perd à cause d’une loi – bien commode pour l’accusation – datant de Napoléon et encore en vigueur à l’Assemblée Nationale en 2021 – qui interdit les pantalons aux femmes.

Désavouée, elle déprime, grossit, boit et, il ne lui reste plus que la conduite automobile qui échappe à la fédération. Comme ceci lui barre la route des jeux Olympiques de 1936, elle en conçoit, évidemment,  une immense rancœur.

Aussi à partir des années 1930, elle manifeste une proximité avec l’Allemagne nazie qui lui a remis une décoration pour ses exploits.  Invitée aux Jeux olympiques de Berlin en 1936, elle  est reçue avec les honneurs, mais comme elle ne peut pas participer, alors qu’elle aurait gagné dans de nombreuses disciplines. C’est là qu’on doit trouver le ferment de ce qui se passa ensuite. 

Pendant l’occupation allemande, dès 40,  elle travaille comme conductrice dans une voiture de fonction,  pour des autorités  vichystes, et comme elle connait parfaitement la mécanique, elle gère un garage  pour la Luftwaffe allemandes  ; on dit ensuite qu’elle trafique au marché noir  le carburant, et de même que comme tout ceux qui le pouvait, de la nourriture.

Finalement, des rumeurs jamais vérifiées s’amplifient : elle est accusée par Londres d’avoir servi d’informatrice pour les Allemands, car elle fréquente de très prés.

Le 26 avril 1944, les maquisards auraient reçu l’ordre de Londres de l’exécuter : elle est tuée lors d’une embuscade  au volant de la voiture qu’elle conduit sur une route de campagne,  mitraillée  à l’âge de 51 ans (retour de Chiron).

Aucunes de certaines  accusations fondées sur des rumeurs, d’avoir été une espionne de premier plan, d’avoir été la maitresse d’un haut dignitaire, d’avoir eu un rôle majeur dans la Gestapo, –  certaines provenant d’ouvrages d’après-guerre difficiles à vérifier – n’ont été prouvées depuis,  par toutes les recherches des historiens qui se sont penchés sur son cas, pas plus qu’on n’a retrouvé un ordre de Londres.

Il est clair que le fait d’avoir été une femme capable de se couper les seins, lesbienne, révoltée et libre, d’avoir défié les hommes,  a participé à sa légende noire, après qu’elle ait été célébrée comme une déesse et il est triste qu’au moment des jeux olympiques de 2024 en France, on n’est pas pu l’évoquer.

Astrologiquement, comme on pouvait s’y attendre Violette est fortement marquée par Mars, le dieu du sport, le masculin.

Elle est du signe solaire du Bélier  (pour un grand astrologue  spécialisé dans les places des planètes, Mars doit se trouver à l’ASC, ou en MI), j’aurais préféré un ASC Lion qui aurait convenu à sa célébrité, mettant les planètes au MC). Ici Mars est bien en fin de MI assorti des conjonctions avec les lentes Pluton et Neptune. 

Le thème à l’heure natale de 6 h du matin (ref astrothème), donne un ASC Taureau, (signe de Vénus en MXII : indiquant sa sexualité plus ou moins « cachée » avec la Lune sur l’ASC (importance de la mère , sans doute décisive sur le plan affectif) , l’ amas en MXII et en MI, donne un ego puissant, mais l’ interception  en MXII, avec surtout des planètes à l’Est en fait une personne à laquelle on ne dicte pas ce qu’elle doit faire.

Cependant,  les planètes dans l’ l’hemisphére nord,  soulignent sans doute une certaine de sensibilité, une affectivité nerveuse , et d’intériorisation (Lune opposée Lune Noire), la Lune  étant gérante de la MIII et de la MIV liées en Cancer, fratrie et  foyer,  où il y avait  le désir d’une mère,  d’une femme, d’une fratrie féminine.

Mercure en MXII – en signe de Mars – est le souvenir de ce frère tellement encombrant, qui reste dans l’inconscient de sa mère lorsqu’elle vient au monde.

Vénus conjointe au Soleil montre une femme   douce qui aime plaire, mais avec en semi-carré à Pluton, Mars  et Neptune qui  peuvent signer l’opération qui lui a fait tellement de tort vis-à-vis de la société bien pensante (exagération avec Jupiter).

L’amas en Bélier : Soleil, Vénus, Mercure, et noeud nord, interceptés (le comble) dans la MXII, indiquent combien elle a surcompensée pour s’attirer de la reconnaissance, une visibilité, une demande d’amour du public (Vénus faible), quitte  à se tromper (Neptune-Pluton).

Elle a tous les ingrédients qu’on connait chez les personnes qui se moquent de ce qui est bien établi et consensuel dans la société  : l’opposition Soleil-Uranus, cependant retro et dissocié, ce qui atténue normalement,  et qui explique qu’après avoir tout fait pour plaire, elle a finalement opté pour le côté sombre de ceux qui voulaient bien la reconnaitre.

En face, on a l’amas en MVI, qui indique une grande force  de travail : Saturne retro en  Balance trigone Mars, Uranus retro en  Scorpion opposé à l’amas en MXII : la guerre de14/18, les blessés, la mécanique, un grand sentiment  d’injustice ressenti  par la suite, visant à effacer ce qu’elle avait fait bien  qu’elle soit une femme – et dans un vêtement d’homme, qu’on lui reproche ensuite –  un  rejet qu’elle a vécu comme un second abandon, qui l’a poussé à se mettre au service de la collaboration. Mais durant cette époque, on sait qu’elle ne fut pas la seule.

Dans ce thème, l’abandon et le rejet du fait de l’injustice d’une société étriquée sont au premier plan : comme souvent, le manque d’ouverture  pousse les meilleures personnes à des extrémités.*

On sait que le Taureau est le signe de la fidélité, et qu’avec un Jupiter dans le même signe, elle n’avait qu’un désir, réussir dans le domaine qui était le sien : le sport.

Elle a été assassinée quelques jours après son anniversaire de 51 ans, qui ramenait Chiron dans le même signe qui se trouvait à 5° en Bélier à sa naissance, sur son Mercure intercepté . Pour les astrologues qui travaillent avec Chiron, le retour est souvent interprété comme un moment où la blessure fondamentale de la vie revient au premier plan, où une problématique ancienne cherche une résolution ou une manifestation ultime. Mercure indique aussi les déplacements, or elle a été prise dans une embuscade sur une route de Normandie

Un Chiron en Bélier est souvent associé aux thèmes de la blessure liée à l’affirmation de soi , la nécessité de conquérir sa place par l’action , un rapport complexe à la force, au courage et à l’identité , un défi consistant à être soi-même malgré les normes sociales ou familiales.

Il est intéressant de noter que la vie de Violette Morris a effectivement été marquée par des questions d’identité, de combat, de transgression des rôles traditionnels et de confrontation avec l’autorité,associé à Chiron en Bélier. le Bélier en MXII évoque  le frère disparu : « je me bat pour exister, à la place du mort ». 

Il est intéressant de noter que le Bélier, signe où est Chiron dans son thème, est traditionnellement associé à Mars, au guerrier, à l’initiative et au combat. Le fait que cette signature se trouve en Maison XII évoque alors  non seulement le frère mort, mais aussi une mémoire familiale de combattants, de soldats ou d’hommes dont le destin a été marqué par la guerre  or on sait que son grand père était général. Cela peut aussi parler d’un guerrier invisible, d’un soldat sacrifié ou d’un homme exclu du clan, une image forte.

Quand on sait que Violette s’est illustrée pendant la guerre de 1914-1918 puis a vécu une existence constamment placée sous le signe du combat, l’image devient significative.

Le thème de sa mort  indique une lune conjointe Saturne en Cancer, un Mars carré Vénus, un soleil carré Jupiter et carré à l’axe nodal en Lion – Verseau, le noeud nord étant conjoint Pluton, le Soleil étant sur son Jupiter natal : mourir sur une route après être sortie de la voiture vivante alors que les autres passagers étaient morts, ce qui lui a permis de faire le coup de feu, est une mort de guerrière.

*il est bien connu que le sentiment d’injustice, d’humiliation ou d’exclusion peut modifier profondément le rapport d’une personne à la société qui l’a rejetée. Une personne qui se sent rejetée par son propre pays peut devenir plus réceptive à la reconnaissance venant d’un autre camp, même si ce camp est moralement contestable.

Dans le cas de Violette Morris, plusieurs faits sont établis : elle s’est sentie profondément lésée par les décisions des fédérations sportives françaises, elle a mené plusieurs combats judiciaires pour défendre ses droits, elle avait un caractère indépendant et conflictuel, les autorités allemandes lui ont accordé une considération qu’elle n’avait plus en France. 

Il est donc raisonnable d’envisager que cette reconnaissance ait pu jouer un rôle dans ses choix ultérieurs. En psychologie sociale, on sait que le besoin de reconnaissance est un moteur puissant. Lorsqu’une personne trouve auprès d’un autre groupe l’estime qu’elle ne reçoit plus du sien, cela peut favoriser un changement d’allégeance ou, à tout le moins, un rapprochement. Ce qui est intéressant dans le cas de Violette Morris, c’est qu’il montre combien une biographie peut être influencée par des mécanismes de reconnaissance et d’exclusion. Sans excuser des actes éventuellement répréhensibles, chercher à comprendre les ressorts psychologiques d’une trajectoire est différent de les justifier. C’est d’ailleurs une démarche classique en histoire : expliquer pourquoi une personne a agi comme elle l’a fait n’implique pas d’approuver ses choix.

Nota : on peut lire « Violette Morris : Histoire d’une scandaleuse », de  Marie-Jo Bonnet, chez l’Éditeur  Perrin (2011), et voir le documentaire ,  « Violette Morris, une femme à abattre », Réalisé par Marie-Christine GambartProduction : Gédéon Programmes, d’une  durée de 52 minutes, Année : 2023 (Première diffusion télévisée : 30 juin 2024 sur France 5).

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