La p
lupart des femmes dans le monde et même dans les démocraties sont considérées comme l’outil dont on a besoin pour résoudre presque tous les problèmes matériels. La femme parfaite a été et est toujours un couteau suisse.
Première injonction : « faites des enfants », la patrie en a besoin, la race en a besoin pour se perpétuer et, pour le moment, la science n’a pas encore trouver le moyen de le faire avec des robots, mettez votre utérus à notre disposition !
Après avoir fait passer l’avortement dans la Constitution, qui correspond au besoin de « faire des enfants si l’on peut quand on veut », le retour du concept « poule pondeuse », mère de soldat, femme de martyr, réapparait. Tout à coup, on doit repeupler un pays où les campagnes sont privées de tous les services nécessaires, où les réseaux ferroviaires secondaires disparaissent, où l’effectif d’enseignants diminue chaque année, où l’on vous culpabilise en vous disant « qu’il n’y aura personne pour payer vos retraites », et donc qu’ il faut mettre le paquet sur les naissances.
Seconde injonction « rentrez dans vos foyers » : face à la résistance des femmes, des hommes s’organisent en groupe pour faire taire les femmes qui osent se plaindre (masculinistes, association de pères frustrés, etc). On assiste à de plus en plus de féminicides qui ne sont répertoriés que pour ceux qui ont vécus dans des couples officiels, constitués. Les assassinats par un ancien petit ami, ou les actes gratuits de certains déboussolés ne sont pas comptabilisés en France et, on met cela au compte des malades mentaux, mais ce sont tous des malades mentaux !

Troisième injonction « Faites votre boulot, nous faisons de la musculation pour vous défendre « . Ils créent la violence, ils entament des guerres, et une fois que le feu a pris, ils veulent l’éteindre en prétendant nous protéger. D’eux ? Si vous n’êtes pas convaincu une série de coups, ou au moins de paroles blessantes et arrogantes, vous mettra au pas, car il faut mater la révolte en vous , vous dominer.
Quatrième injonction « Ne dites rien si l’on vous viole dans le silence des maisons » (il existe des injonctions qualifiées de pieuses à ce sujet, et, en guerre c’est un sport qui est encore pratiqué) si l’on viole vos filles, si l’on viole vos garçons (il y a des civilisations qui prônait la pédophilie comme formatrice). Il est quand même étonnant de voir qu’il y a si peu de voix masculines pour s’élever contre tout ceci, alors même que ces affaires viennent au grand jour, et qu’il faille des
décennies pour que les gens osent en parler, la honte étant de leur côté. Mais dehors les casiques au pouvoir, font trop d’affaires autour de tout cela. Les professions de soins sont pratiquement toujours tenues par des femmes qui aident les femmes, et qu’on fait travailler 70 heures par semaine, pour le plus petit des salaires : ce sont celles qui dans le couteau servent de tire-bouchon pour faire sortir la parole, mais le bouchon on le jette, et il va polluer ailleurs : rappelez-vous le Covid ! Et je ne parle pas des bergères et des agricultrices.
Cinquième injonction : « après avoir été une mère dévouée, tu seras une grand-mère corvéable à merci » heureuse ’avoir été dominée toute ta vie ! Et Gare à toi, si tu veux avoir du temps libre, on te reprochera de ne pas faire ton « devoir ». Tu n’as pas d’aide, mais personne ne s’en soucie, parce que tu as une santé de fer, que tu n’es jamais malade : aussi on dit que tu es surement dure, et au fond un peu méchante, car c’est toi qui dirige la maisonnée d’une poigne de fer, depuis des décennies. Cependant, un jour sur 365, la fête des mères t’est consacrée, où tu doit encore travailler !
Sixième injonction : « meurt dans la pauvreté et la solitude », car tu n’as jamais reçu le moindre salaire, la moindre récompense, que tes allocations ont toujours été maigres, que tes journées n’ont jamais suffit, qu’on ne t’a pas même dit merci, pour ce que tu as fait.
Et comme un dieu a créé la terre en sept jours, je dirais que la dernière injonction est : « tu dois connaitre la souffrance », notamment dans la maternité le discours implicite était souvent : « la souffrance maternelle donne une valeur morale à la maternité ». Mais également parce que tu oses avoir envie de te hisser au même niveau que l’Homme, la créature préférée des dieux, ( ils y a même des livres pieux là-dessus pour le justifier).
Tout le monde connait la conclusion dictée par le patriarcat et la misogynie : « Sois belle et tais-toi ! »
