Quand va-t-on mettre les parents au ban des accusés ?

Ce sujet n’est pas un sujet d’astrologie, mais dans la mesure où nous raisonnons jusqu’ici en masculin et féminin, au niveau des signes, il semble qu’on puisse aborder la question.

Agnès Jaoui, réalisatrice, actrice, chanteuse, sort cette année un film – hors compétition- « L’Objet du délit » au festival de Cannes  qui va traiter de la perception des conduites inappropriées, et de la façon dont elles sont perçues selon les générations de femmes, dans le cadre d’une troupe qui répète un opéra « Les noces de figaro » et où l’ un des protagoniste semble ne pas avoir les gestes qui conviennent.

Je ne peux en dire plus puisque je n’ai pas vu le film qui vient d’être présenté, mais le projet est courageux car c’est un vrai sujet. On ne parle pas  de violences, viols ou féminicides, on parle du ressenti personnel d’une femme face à des attitude, des gestes.

Il s’agit de notre cohabitation avec l’autre sexe, et du futur de la société, mais il semble que plus on en parle, moins cela s’arrange : beaucoup d’ hommes se braquent et les autres ont peur des femmes. 

Depuis l’apparition de #Metoo et de #Balance ton porc,  il y a une hystérisation des attitudes d’un côté qui crée des conflits au sein de la société,  et de l’autre, une attitude de tolérance, sinon de compréhension envers la gente masculine qui est mise en accusation, car  dans le cinéma le cas de Marilyn Monroe est emblématique du parcours de compromission pour la course à la célébrité que doivent suivre la plupart de  celles qui veulent réussir à tout prix .

Si les affaires qui sortent au grand jour nous mettent face à cette triste réalité qui vient du fond des âges, on peut se poser la question : sommes nous entourés de criminels sexuels ?

Allons plus loin : est-ce que les responsabilités sont seulement du côté des hommes et, dans quelle mesure les femmes  sont elles quelquefois  un danger pour les autres femmes ?

On parle d’agression physique mais l’agression verbale, la jalousie, la médisance, l’avidité,  sont des attitudes féminines  desservent tout autant, et actuellement au lieu de voir les femmes se rassembler pour défendre leur cause, on constate qu’elles se déchirent entre elles et que dans les situations personnelles, elles ne se font pas la courte échelle, mais plutôt des croche-pieds, et quand elles ne sont pas elle-mêmes, complices de ces exactions (Maxwell compagne d’Epstein, ou plutôt maquerelle).

Essayez  de relativiser comme l’avait maladroitement Catherine  Deneuve*,  sans connaitre sans doute l’ampleur des délits…  et la haine se déchaine.  Il me semble que certaines actrices ont même été mise au placard pour avoir oser s’interposer dans ce débat,  comme Annie Duperey marraine d’une association de solidarité qui s’ait vu retirer son parrainage pour un mot de soutien. Certaines affirment qu’on peut dire non, et    beaucoup sont arrivées  à se faire une place sans  « promotion canapé ».

Certes, celles  qui  parlent dans les médias sont connues, et  le cas de Flavie Flamant est l’exemple type de ce qui ne devrait pas arriver : en octobre 2016, Flavie Flament publie le livre  « La Consolation », dans lequel elle accuse David Hamilton d’agressions sexuelles subies durant son adolescence, la question de la responsabilité maternelle se pose lorsqu’on sait que c’était sa mère qui la déposait devant la porte du photographe qui ouvrait généralement « à poil »  lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant.   Puis, Flavie porte plainte contre le chanteur Patrick Bruel pour viols , lorsqu’elle avait seize ans.

Ces personnes connues ouvrent la porte aux anonymes qui osent sortir de leur isolement, c’est sans doute le mérite de ces dénonciations tardives enfin dévoilées, en espèrant que cela serve dans le futur  et que « la honte change de camp ».

Une autre question importante est la suivante : la naïveté des jeunes filles mineures qui se sont retrouvées dans ces situations n’a -t-elle pas été favorisée, et même approuvée  par des mères – et des pères –  qui parfois les ont donné en pâture à des hommes dominants ? 

Quand va-t-on empêcher  ces mères  de vendre  leur jeune et même petite fille pour jouir de leur éventuel succès, par le biais de concours de beauté, chorégraphies et  publications de photos sur les réseaux par des influenceuses mineures  ? Tout se vend actuellement sur le net, et les parents en sont souvent les bénéficiaires puisqu’ils gèrent l’argent que gagne leur enfant mineur.

Depuis les années 2010, de nombreux travaux sur les violences sexuelles insistent  sur le fait que les situations problématiques ne commencent pas au moment de l’agression elle-même, mais bien avant, dans des processus progressifs de banalisation, de sidération, de dépendance, d’admiration, ou de difficulté à poser des limites face à une figure d’autorité.

En France, les programmes d’éducation à la sexualité ont été renforcés   à l’école en 2001, puis  récemment intégrant les notions de consentement, de respect et de prévention des violences.

Comme  le débat public s’est déplacé vers la question du genré/non genré, des pronoms, des représentations ou des catégories identitaires,  les sujets plus fondamentaux restent insuffisamment traités dans les écoles, et dans les foyers, comme l’emprise, la naïveté affective, les rapports de domination dans certains milieux professionnels, la sexualisation précoce, la pression sociale, la fragilité psychologique des adolescents, ou encore la responsabilité éducative des adultes et des parents, mais pire, la violence commence d’abord à la maison.

Quand va-t-on les mettre les parents au ban des accusés ?

 

 

*La tribune signée notamment par Catherine Deneuve, intitulée « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle », a été publiée dans Le Monde le 9 janvier 2018, dans le contexte post-#MeToo et de l’affaire Weinstein. (Le Monde.fr) • Cette tribune a provoqué une très forte polémique médiatique et des réponses publiques de mouvements féministes dès janvier 2018. (TF1 INFO). • Le 14-15 janvier 2018, Catherine Deneuve a publié un texte d’explication et d’excuses envers les victimes qui auraient pu se sentir blessées par la tribune. (Le Point.fr)

**le terme « woke » est devenu extrêmement large et polémique, au point de mélanger des réalités très différentes.  En France, le mot est souvent utilisé de manière critique pour désigner un ensemble de courants militants perçus comme focalisés sur les questions identitaires, symboliques ou linguistiques, parfois au détriment d’autres problèmes plus concrets.

Nota : Le photographe s’est suicidé le 25 novembre 2016. (Instagram)