2026 n’est pas une répétition de Mai 68

Astrologiquement, 2026 n’est pas une répétition de Mai 68. La comparaison devient même assez faible dès qu’on regarde les planètes lentes. L’Histoire ne repasse jamais le plateau. 

En 1965-1966, le cycle était dominé par la conjonction Uranus–Pluton en Vierge, exacte trois fois, notamment à 17-18° Vierge. Rudhyar lui-même avait beaucoup travaillé cette configuration. À cela s’ajoutait Saturne en Poissons en opposition à Uranus-Pluton, donc une structure extrêmement conflictuelle entre rupture/transformation et ordre établi. Mai 1968 se situe quelques années après les conjonctions exactes : on peut donc le lire comme une manifestation sociale du cycle Uranus-Pluton déjà ouvert, plutôt que comme le produit d’un aspect exact de mai 1968.

en 2026, la figure est presque inverse : Nous n’avons plus Uranus et Pluton conjoints. Nous avons : Pluton en Verseau,  Uranus en Gémeaux,  Neptune en Bélier.

Ces trois planètes lentes forment entre elles des aspects harmonieux , un petit triangle mineur que nous avons déjà évoqué plusieurs fois : Uranus trigone Pluton, Uranus sextile Neptune, Neptune sextile Pluton, Neptune étant au sommet reliant les deux autres. En juillet 2026, par exemple, ces trois aspects devenaient particulièrement serrés autour de 4° des signes concernés. Neptune c’est une action par la diffusion d’un idéologie de conquête, via Mars.

C’est donc fondamentalement différent de 1965-68.

En 1968, Uranus conjoint Pluton, c’est symboliquement la puissance plutonienne qui se trouve directement mêlée à la révolte uranienne : renversement des normes, contestation de l’autorité, libération sexuelle, transformation des rapports sociaux, remise en question des hiérarchies. La Vierge ramène cela au travail, à l’organisation sociale, aux rapports quotidiens, aux structures concrètes, à l’organisation, à des détails du quotidien : travaux, confort, climatisation, suppression de Parcours sup. La situation économique de la France est bien pire puisque personne  n’arrive à la cheville du général de Gaulle, dont on reconnait historiquement et unanimement la valeur.

En 2026, je vois davantage une circulation entre trois transformations différentes :

Pluton en Verseau : transformation profonde du collectif, des groupes, des réseaux et des rapports de pouvoir au sein de la société.

Uranus en Gémeaux, définitivement revenu dans ce signe en avril 2026 : révolution de la circulation de l’information, des communications, des connaissances, des moyens de penser et probablement des rapports à l’intelligence artificielle (IA).

Neptune en Bélier, depuis janvier 2026 indique émergence de nouveaux idéaux, mais également possibilité d’actions inspirées par des représentations collectives et politiques très puissantes, mais parfois confuses (on se réfugie tantôt à droite, tantôt à gauche, les anciennes idéologies tentent de refaire surface, mais sont contrariées par Saturne en Bélier qui connait parfaitement  leur limite !

Où serait le Mai 68 dans cette configuration ? Au sens strict nul part !

Il existe cependant un point de rapprochement  : Uranus. En 1968, Uranus participait à la destruction d’un ancien ordre par sa conjonction avec Pluton.

En 2026, Uranus en Gémeaux transmet plutôt quelque chose entre Neptune et Pluton : il est sextile à l’un et trigone à l’autre. Ce n’est plus « je renverse », mais davantage «je diffuse, je connecte, je change les représentations et les moyens de communication », qui  facilite un rapprochement des luttes.

Mais il y a une différence capitale : l’élément.

1965-68 : Uranus-Pluton en Terre, en Vierge. La contestation finit par toucher les conditions matérielles : travail, salaires, organisation sociale, université, rapports hiérarchiques. 

2026 : Pluton en Air, Uranus en Air, Neptune en Feu. Nous sommes beaucoup plus dans l’information, les idées, les réseaux, les idéologies, la technologie et leur propagation rapide, les images qui se succédent et qui prennent le pas sur les slogans  qui étaient la principale force de 1968., et  montrent tantôt le bon comme le mauvais. En 1968, une seule chaine  de télévision en noir et blanc, pas de téléphone, un retard dans la communication nationale et internationale.

Il y a cependant  une configuration de 2026  plus conflictuelle que ce triangle harmonique et qui pourrait expliquer pourquoi  il y a  une une confrontation : Jupiter en Lion en  opposition  à Pluton en Verseau, qui était exacte autour du 20 juillet 2026, et actuellement Mars en Lion opposé Pluton qui nous fait retrouver  une problématique de pouvoir, d’autorité et de rapports de force collectifs, mais par un mécanisme très différent de celui de 1968.

Durant quelques jours, Saturne Bélier,  est opposé au Soleil en Balance, conjugué à Vénus, maitresse du Soleil, conjointe à Mercure carrée à l’opposition entre Mars – Pluton qui  durant le vote d’un budget fragile tente de jouer sa carte,  qui est spécifiquement 2026. Il est inutile de chercher à faire rentrer 2026 dans le moule de 1968, même si certains tentent  de profiter du passage de Mercure en Scorpion pour manipuler l’opinion.

Quelques soient les arguments valables de la jeunesse, le mouvement s’apparente plutôt à celui des gilets jaunes – voir théme de la 1ere manif à Paris du 1er décembre 2018  et  pour les mêmes raisons qu’il y a huit ans, où Uranus était carré Pluton, et Mars conjoint Neptune (faisant une configuration dite  « marteau de Thor » avec le nœud nord carré Vénus en Scorpion, et deux sesquicarrés à  Mars-Neptune).

Ce qui est encore commun avec la période des gilets jaunes est que Chiron   se trouve  en Taureau  en conjonction avec la position d’Uranus en 2018, pour terminer le travail de changement de valeurs qu’Uranus a tenté de faire durant sept ans en Taureau.

Après Uranus qui bouscule les valeurs, les sécurités et les habitudes, Chiron pourrait ainsi représenter le temps où l’on doit mesurer ce qui a été perdu, ce qui mérite d’être conservé et ce qu’il faut désormais reconstruire autrement.

Mais on sait que Chiron, n’a  pas l’objectif de tout fracasser, plutôt d’apprendre à soulager une douleur qui persistera,  il ne s’agit donc pas de résignation, mais d’un travail sur soi qui permet de ne plus être gouverné par la blessure.

De quelle blessure parle-t-on ? Il y a  plusieurs dimensions d’une même blessure : la précarisation,  la peur du déclassement, la perte de confiance dans la valeur  du travail, le sentiment que l’effort ne garantit plus nécessairement une amélioration de sa situation, la crise du rapport  au logement, mais aussi une blessure plus abstraite concernant la valeur elle-même. Le travail chironien consisterait alors à reconstruire une sécurité qui ne repose plus seulement sur l’accumulation ou sur des garanties anciennes, mais sur une redéfinition de ce qui a réellement de la valeur et mérite d’être préservé.

 

Nota : je rappelle que le signe de la Balance est l’ASC du thème de la Ve république, signe symbolisant la Balance sociale, la justice, Nemesis aux yeux bandés : la Lune sera à ce moment là, dans sa maison XII.