Actuellement les choses ont déjà changé dans la relation homme-femme – Vénus/Mars – au détriment de tout le monde et la violence s’exerce, alors même que, ce que la plupart des femmes demandaient était plus de douceur et de partage de la charge mentale du foyer et des enfants. On en est loin puisque les féminicides et les viols continuent.
Il y a sociologiquement des constatations qui peuvent expliquer ce que l’ancienne génération ne comprend pas. En astrologie, tout était simple, et sans entrer dans les complications du genré, on peut dire qu’il faut connaitre les nouveaux modes de pensée des jeunes hommes versus les jeunes femmes. Comme je l’ai déjà dis, le zodiaque parle d’animalité à juste titre lorsqu’il définit les critères des signes, et en psychologisant on s’est éloigné des bases, or les bases changent tout le temps. L’homme d’aujourd’hui et la femme de demain ne sont plus les mêmes.
Les hommes jeunes traversent une période particulière : les anciens modèles masculins ont perdu une grande partie de leur évidence, alors que les nouveaux ne sont pas encore construits. Pendant des siècles, on attendait assez clairement d’un homme qu’il travaille, fonde un foyer, assure la sécurité matérielle de sa famille, protège les siens, et occupe une place d’autorité. À cela s’ajoutait une autre difficulté : beaucoup d’hommes ont été élevés dans l’idée qu’ils doivent rester autonomes, solides et peu démonstratifs Ce modèle était le repère.
Aujourd’hui, les femmes travaillent, gagnent leur vie, choisissent leur compagnon, peuvent vivre seules, avoir ou non des enfants et quitter une relation qui ne leur convient plus. Cette autonomie est évidemment une conquête importante, mais elle transforme profondément la place masculine. L’homme ne peut donc plus compter uniquement sur son statut pour être désiré : il doit être choisi. Et c’est peut-être là que se situe une peur très contemporaine : la peur de ne pas être choisi et gardé.
Cette peur apparaît surtout chez les jeunes nés après 2010, mais elle a commencé à émerger lorsque F. B. a mis à nu la vie privée de millions de gens, en les rendant addicts aux publications de leur vie intime, car les réseaux sociaux qui ont suivi exposent les jeunes hommes à des modèles masculins extrêmement standardisés : corps sec et musclé, réussite financière, assurance, séduction, domination sociale. Le regard porté sur soi devient alors plus comparatif : on ne se mesure plus seulement aux hommes de son entourage, mais à une multitude de profils soigneusement sélectionnés, mis en scène sur les sites de rencontres.
De la même façon que les femmes ont longtemps subi la tyrannie de la minceur et de la beauté, les jeunes hommes découvrent aujourd’hui une véritable pression concernant leur apparence. Les recherches récentes constatent d’ailleurs une augmentation des préoccupations concernant la musculature chez les garçons et les jeunes adultes, certains hommes se trouvant toujours trop petits ou insuffisamment musclés, quelle que soit leur apparence réelle.
Derrière la recherche du muscle peut donc se cacher autre chose que le goût du sport : la peur de ne pas être suffisamment masculin, suffisamment séduisant ou suffisamment puissant. La salle de musculation apporte alors quelque chose de rassurant : contrairement à l’amour, elle obéit à des règles relativement simples. On soulève davantage, on progresse, le corps se transforme.
Paradoxalement, l’homme auquel on demande d’être fort peut devenir extrêmement dépendant du regard extérieur. Il ne doit pas montrer qu’il doute, mais il doit obtenir des signes de réussite, il doit prétendre ne pas avoir besoin des femmes, tout en cherchant constamment leur approbation.
Il existe pourtant une autre voie que la surenchère virile. Elle consiste peut-être à comprendre que la masculinité n’a pas besoin d’être constamment prouvée. Un homme peut être sportif sans faire de son corps son identité, ambitieux sans mesurer sa valeur à son salaire, sensible sans perdre sa force, cultivé sans craindre de paraître moins viril, et capable de solitude sans transformer celle-ci en ressentiment.
La relation humaine est pourtant beaucoup plus incertaine. On peut être intelligent, cultivé, attentionné, avoir réussi sa vie et néanmoins ne pas être aimé par la personne que l’on désire.
C’est probablement cette incertitude qui nourrit certaines communautés masculinistes et Incels* (traduit de l’ anglais : « involontairement célibataire ») un mot nouveau qui désigne un homme se vivant comme exclu de la vie amoureuse, ou plus spécifiquement quelqu’un appartenant à un milieu culturel relativement fermé qui se forme en ligne, avec ses propres codes, son vocabulaire, ses références, ses forums, ses figures et sa manière d’interpréter le monde et qui propose une explication simple à une difficulté complexe : si un homme ne rencontre pas de femmes, ce serait parce qu’il n’est pas assez beau, assez grand, assez riche ou dominant.
On transforme alors la rencontre amoureuse en marché et les individus en produits, ayant une « valeur ». Cette conception peut sembler rationnelle, mais elle évite une dimension essentielle :
L’amour et le désir ne fonctionnent précisément pas selon une comptabilité parfaitement prévisible.
En France, les rapports entre les sexes étaient autrefois moins codifiés dans le détail. On acceptait davantage la maladresse, le second degré, les différences de tempérament ou les façons très diverses de séduire. Tout n’était pas pour autant plus tolérant – certaines normes sociales étaient même beaucoup plus rigides qu’aujourd’hui – mais les comportements ordinaires étaient moins rapidement classés, étiquetés ou interprétés. Aujourd’hui, certains hommes ont le sentiment qu’ils doivent non seulement plaire, mais aussi maîtriser parfaitement les mots, les gestes et les limites d’une relation dès les premiers instants. Pour les plus anxieux, cette vigilance permanente peut finir par inhiber toute spontanéité. Ce dernier point relie la peur du rejet à la peur de l’erreur sociale.
nota : le comble de l’hypocrisie :
*L’American Psychological Association – APA – souligne actuellement combien ces normes masculines rigides peuvent favoriser l’isolement : les garçons apprennent parfois à ne pas montrer leur vulnérabilité, au moment même où ils auraient besoin de relations affectives profondes. Chez les hommes américains de moins de 35 ans, environ un sur quatre déclare éprouver de la solitude. Pew : https://www.apa.org/news/podcasts/speaking-of-psychology/male-body-dysmorphia
* les Incels, ne sont pas seulement des hommes célibataires malgré eux : certains participent à des communautés en ligne où circulent des termes spécifiques, des théories sur les femmes, la séduction, la hiérarchie entre hommes et une vision souvent très pessimiste des relations amoureuses.
