De Ptolémée à Palo Alto

Depuis quelques décennies, un courant transversal se dessine entre plusieurs disciplines qui, à première vue, semblent éloignées : l’astrologie transgénéalogique, les thérapies systémiques brèves issues de l’école de Palo Alto, et les nouvelles pratiques psychothérapeutiques tournées vers la réorganisation de l’inconscient. Ce croisement prend racine dans une même intuition fondatrice : ce que nous appelons « moi » est pris dans des systèmes — familiaux, symboliques, historiques — qui nous déterminent en profondeur, parfois à notre insu.

L’astrologie transgénéalogique, telle qu’elle a été développée par Irène Andrieu, Martine Barbault ou Catherine Gestas, propose une lecture du thème natal comme carte de mémoire familiale. La position des planètes, les axes lunaires, les maisons liées à la filiation (notamment la IV et la VIII), deviennent des points de repérage pour identifier les schémas hérités, les loyautés invisibles et les nœuds transgénérationnels. Loin d’une astrologie prédictive ou fataliste, cette approche cherche à mettre en lumière ce qui se répète sans conscience, afin de permettre un dégagement et une transformation intérieure.

De son côté, le courant de Palo Alto, né dans les années 1950 autour de Gregory Bateson, Paul Watzlawick et leurs collaborateurs, propose une lecture radicalement nouvelle de la souffrance humaine. Ce n’est plus l’origine individuelle (freudienne) qui prime, mais l’organisation relationnelle dans laquelle un symptôme prend sens.

Un comportement, une douleur, une croyance ne sont pas vus comme des signes d’un passé refoulé, mais comme des réponses logiques dans un contexte dysfonctionnel. L’objectif devient alors non pas d’analyser, mais de modifier la structure : changer le langage, le cadre, les interactions, pour faire émerger une nouvelle réalité.

Le lien entre ces deux domaines s’établit d’abord par leur vision systémique commune. L’astrologie ne se limite pas à un individu isolé : elle trace les lignes d’un champ d’influence, d’un réseau de significations où l’individu est pris. De même, la thérapie systémique voit l’individu non pas comme une entité autonome, mais comme un nœud dans un tissu relationnel.

Ensuite, ces deux approches partagent une dimension pragmatique et transformationnelle. Là où l’astrologie transgénéalogique permet de mettre en lumière un héritage (par exemple un deuil non fait, une transmission silencieuse de culpabilité ou de dette), les méthodes systémiques offrent des leviers concrets de résolution : recadrage, rituel, déplacement symbolique, inversion de polarité, etc.

Enfin, et peut-être surtout, ces deux univers redonnent à l’humain un pouvoir d’agir sur son destin. La notion de « libre arbitre » devient ici plus subtile : il ne s’agit pas de nier les déterminismes, mais de les rendre conscients pour s’en désidentifier. L’astrologie montre l’architecture du mythe personnel ; la thérapie interactionnelle permet d’en réécrire le scénario.

Ce croisement ouvre des perspectives nouvelles : ni enfermés dans la répétition, ni abandonnés à un individualisme psychologique, nous pouvons habiter le sens de notre vie comme un texte vivant, tissé d’héritages, de choix et de transformations.

Dans cette optique, l’astrologue et le thérapeute deviennent des accompagnateurs de conscience, non pour « corriger » ou « guérir », mais pour révéler les structures invisibles et permettre à chacun de redevenir l’auteur de son histoire.

 

Nota : Il faut savoir qu’il existe d’autres astrologies où les maisons sont égales,  des zodiaques carrés,  certains n’ayant que dix maisons et que leur interprétation du thème est différente, non seulement en fonction de l’École, mais aussi de la projection d’une éthique conforme à la société  dans laquelle ils évoluent,  dans des pays où l’astrologie a une parole  puissante.