L’astrologie humaniste

L’Astrologie est une Science Humaine (comme la Sociologie, la Psychologie, l’anthropologie, etc), qui procède par observations, analogies et recoupements, classification, mais qui a une dimension aléatoire due au fait que le vivant  varie toujours du fait de sa liberté qui fait sa diversité.

L’Astrologie ne doit pas rester  figer   avec des données écrites qui seraient le reflet de comportements et, de traits de caractère formatés,  le comportement général humain variant selon les idées dominantes   à une époque culturelle donnée, dans une civilisation donnée, c’est cependant  ce que fait l’astrologie traditionnelle. Il y a une marge entre le réel et le supposé et,  surtout,  on ne sait jamais comment fera la personne pour se débrouiller avec sa réalité, parce qu’on ne connaît pas son degré de résilience, son courage, et son éveil spirituel ; on reste donc dans la  théorie, tant qu’elle ne s’est pas racontée dans une entrevue. 

Car nous devons prendre en compte le fait  que nous venons au monde au moment où quelque chose était déjà en marche et que, en quelque sorte, nous montions dans un tramway nommé Désir apportant nos gènes, les histoires de notre lignée. Ceux qui font de la généalogie savent bien qu’ils sont le résultat vivant  de dizaines de couples qui ont survécu pour leur permettre d’être là, et nous devons étudier pour le comprendre; ce qui a été appelé le transgénérationnel.  L’univers qui nous contient, et qui est contenu en nous, a une organisation qui lui est propre, et même s’il nous parait aveugle et sourd, nous devons nous rendre compte que nous  faisons partie de cet ordre.

On parle d’Astrologie humaniste en Occident,  mais on doit préciser  ce qu’on entend par  Humanisme.

L’astrologie Humaniste  est centrée sur l’homme  relié aux cycles de la nature, donc des planètes que nous vivons physiquement comme tournant autour de la terre. Mais ce déterminisme    s’associe à la liberté de conscience que chacun d’entre nous possède  grâce à   l’éducation et l’instruction,  qui   libérent l’individu des déterminismes matériels et spirituels  contraignants.

Il peut être intéressant de connaitre le contexte historique et culturel de l’Humanisme de la Renaissance (du XIVᵉ au XVIᵉ siècles). . Au départ, il fut fortement inscrit  dans un contexte religieux, même si ce  fut   la lecture des « écritures sacrées » qui en fut la base.

Née en Italie, puis diffusé en Europe  en réaction à la pensée médiévale,  avec un retour aux sources antiques, la Renaissance  s’est appuyée sur la redécouverte des textes grecs et latins émergeant dans un monde dominé par la chrétienté grâce à de  nouveaux savoirs, du fait de l’invention de l’imprimerie, grandes découvertes de nouveaux territoires. L’humanisme est fondé sur la critique textuelle des auteurs antiques : Cicéron, Platon, Aristote, Tite-Live, avec  priorité à la rhétorique, à la grammaire, à l’histoire, à l’éloquence,  avec un savoir encore limité par les sciences naissantes. A ce moment là, l’homme est défini comme un  être de raison, capable de se perfectionner par la culture, c’est l’idéal du lettré cultivé. Sa dignité est fondée sur la capacité à comprendre le monde et à agir librement. Sa vision élitiste, est centrée sur les hommes instruits.

L’ Humanisme contemporain (XXᵉ–XXIᵉ siècles) est né de la modernité du XVIIIem siècle appelé  « siècle des Lumières » en France, des révolutions scientifiques et politiques, dans un contexte  globalisé, marqué par l’individualisme et la technologie et qui intègre sciences humaines, neurosciences, psychologie, écologie, numérique, dont l’objet principal est : Qu’est-ce que “l’humain” ?

Aujourd’hui, à cause de l’apparition de la psychologie, l’humain est perçu comme un être complexe, biologique, psychologique, social, relationnel et planétaire. On connait l’importance de la diversité des cultures, parcours, identités. La dignité est fondée sur les droits humains, non sur la formation lettrée et l‘inclusion des individus qui n’appartiennent pas à l’élite savante. Le savoir est fondé sur les sciences empiriques, la recherche interdisciplinaire et la pensée critique généralisée. L’analyse est fondée sur la psychologie, la sociologie, l’écologie, les sciences cognitives, l’anthropologie. Nous avons une grande palette de méthodologies : statistiques, expérimentales, numérique.

La finalité éducative de la Renaissance était de former un citoyen  cultivé,  de développer l’éthique personnelle, la prudence, la civilité, une éducation  réservée à une minorité, aujourd’hui, on veut former des individus capables de penser par eux-mêmes dans une société pluraliste : on a l’idéal d’une éducation de masse avec  démocratisation du savoir et développement de compétences,   esprit critique, créativité, coopération, pensée écologique.

Le rapport à la religion et à la liberté de la Renaissance qui était la valorisation de la vertu, de la mesure, de l’harmonie, en tension avec l’église officielle quelquefois,  est devenu théoriquement un Humanisme largement laïcisé, pluraliste ou spiritualiste selon les cas avec l’accent mis sur la liberté individuelle, la conscience personnelle, les droits humains, un dialogue entre éthique, philosophie et sciences.

Durant la période de la Renaissance, le rapport au monde est centré sur l’Europe, et .et il n’ y pas  de conscience environnementale, c’est l’ethnocentrisme. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde globalisé, interdépendant, avec une tentative  (encore imparfaite) de conscience écologique structurante : il existe un lien entre humanisme et responsabilité planétaire. L’humanisme est élargi aux animaux, à la biodiversité, au climat. Actuellement, la modernité est très critique car on a conscience des limites humaines des coûts de la technique, de l’importance de la vulnérabilité et des interdépendances.

L’humanisme est souvent qualifié de “post-humanisme” ou “néo-humanisme”, intégrant les défis du numérique, de l’IA, de la biotechnologie, l’un s’était  construit sur la lecture des textes anciens, l’autre sur la compréhension des systèmes complexes. Leur lien est  la conviction que l’homme peut chercher la vérité, s’améliorer, et agir consciencieusement dans le monde.

Cependant,  une des pires lacunes de l’humanisme occidentale, fut qu’il n’a seulement ouvert que depuis  un siècle la porte aux idées des autres civilisations et cultures, notamment asiatiques ou arabes sur lesquels  étaient probablement issus ses fondements. 

Entre les VIIIᵉ et XIIᵉ siècles, les savants du monde islamique traduisent les œuvres grecques en arabe,  les commentent, les discutent, les augmentent, les transmettent ensuite à l’Occident latin, notamment via l’Espagne avec des figures majeures : Averroès, Avicenne, Al-Farabi, Al-Kindi, Ibn Khaldoun. Les méthodes sont  scientifiques    fondées sur l’observation, l’expérimentation, la déduction, qui inspireront plus tard la science moderne : développement de l’algèbre (al-jabr), astronomie, médecine clinique, optique expérimentale (Ibn al-Haytham), médecine clinique : 

Les traditions asiatiques n’entrent réellement dans le débat intellectuel occidental qu’à partir du XVIIIᵉ siècle, et surtout au XXᵉ siècle. L’Europe humaniste connaît depuis les philosophies chinoises (Confucius, Laozi, Zhuangzi), les traditions indiennes (Védas, Bouddha, logique indienne), les cosmologies japonaises, coréennes,  et surtout tibétaines. L’astrologie karmique qui met en question l’ idée majeure  de l’ âme des religions issues du judeo-christianisme    est un apport de la cosmologie tibétaine, et de la traditions indienne.

L’Astrologie d’évolution qui introduit la notion karmique d’une âme qui se réincarne pour se purifier à chaque incarnation,  aide à  comprendre sa voie, et qu’on croit ou pas à la réincarnation, nous savons que nous revivons par notre génétique dans chacun des descendants qui viendront de nous.