La grande Histoire balaie les épisodes les plus sanglants, les plus injustes et les plus ignobles des révolutions populaires et raconte, à qui veut l’entendre, les côtés les plus glorieux, certains se voilent la face en disant que « qui veut la fin veut les moyens », expression encore reprise par certains aujourd’hui encore en politique.
Cet adage doit être pris de façon très circonspecte et avant de croire ce que les uns et les autres disent, il est bon de se plonger dans les sources des historiens qui ont fait le travail de corriger les exagérations optimistes et glorieuses, sur les événements sanguinaires de la révolution française, qui s’est attaqué aux plus faibles, comme aux plus puissants, dans des proportions inhumaines.
Voici un des épisodes qui n’est pas à la gloire de notre pays, et qui a été mis en relief par la visite du pape Léon XIV, le 26 septembre 2026.
Le massacre des Carmes, s’est déroulé exactement à l’endroit où se trouve aujourd’hui une partie de l’Institut catholique de Paris, rue de Vaugirard à Paris, mais il faut préciser que l’Institut catholique ne sera fondé qu’en 1875.
En août 1792, le couvent des Carmes est transformé en prison. On y enferme plus de 160 prêtres et évêques, principalement des prêtres dits « réfractaires », c’est-à-dire ceux qui refusent de prêter le serment exigé par la Constitution civile du Clergé. ICP
Le 2 septembre 1792, des hommes armés arrivent au couvent. Des prêtres sont d’abord tués dans le jardin. Les autres sont soumis à ce que les sources du lieu qualifient de simulacre de procès. On leur demande notamment s’ils acceptent le serment. Ceux qui persistent dans leur refus sont conduits vers une sortie donnant sur le jardin, où ils sont tués à l’arme blanche.
Le massacre dure environ deux heures. Les sources actuelles de l’Institut catholique retiennent le chiffre d’environ 160 prêtres et évêques. Plus étonnant encore, un ancien dossier historique publié par l’Institut catholique lui-même, parlait de 200 prêtres réfractaires enfermés aux Carmes, passés au fil de l’épée, alors que les pages historiques plus récentes de l’ICP retiennent environ 115 morts.
Il faut également distinguer le massacre des Carmes de l’ensemble des ecclésiastiques assassinés pendant les massacres de Septembre 92. Les prêtres furent tués dans plusieurs lieux également l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, Saint-Firmin, etc Province de Paris des Carmes Déchaux.
Ce qui rend le lieu assez saisissant aujourd’hui est qu’il existe toujours tel quel, le jardin , et le perron où se déroula une partie des exécutions. Dans la crypte sont conservés des restes des victimes, ainsi que l’église Saint-Joseph-des-Carmes.*
Le massacre des Carmes appartient aux massacres de Septembre, qui touchèrent plusieurs prisons parisiennes et firent également de nombreuses victimes qui n’étaient pas des religieux. C’est donc à la fois un épisode de violence anticléricale et un épisode de la violence politique révolutionnaire beaucoup plus générale, de ces journées.
Le lendemain, 3 septembre, le massacre touche le séminaire Saint-Firmin, autre lieu où avaient été enfermés des prêtres. Environ 77 personnes y sont tuées, presque toutes ecclésiastiques. Église Saint-Joseph des Carmes
Un prêtre a été épargné : l’abbé Roch-Ambroise Sicard, Sicard qui était un grand éducateur des sourds et dirigeait l’établissement qui deviendra l’Institut national des jeunes sourds de Paris. Arrêté comme prêtre réfractaire, il se trouvait parmi les prêtres conduits à la prison de l’Abbaye, le 2 septembre. Plusieurs de ses compagnons furent tués. Mais un membre du comité civil le reconnut et cria en substance que c’était Sicard, l’homme qui enseignait aux sourds-muets. Sa réputation d’éducateur lui sauva la vie. Wikisource
C’est donc un épisode très révélateur de la Révolution : la question religieuse s’était transformée en question politique : les prêtres réfractaires n’étaient plus seulement considérés comme des hommes ayant refusé un serment et, dans le climat de guerre et de peur de 1792, beaucoup furent assimilés à des ennemis de la Révolution.
Les massacres de Septembre ne furent toutefois pas exclusivement un massacre du clergé : ils constituèrent une vague beaucoup plus vaste d’exécutions sommaires de prisonniers considérés, à tort ou à raison, comme dangereux.
Il y a d’ailleurs un élément historique important derrière ce massacre : on n’est pas encore dans ce qu’on a appelé la Terreur de 1793-1794. Nous sommes en septemb
re 1792, dans les journées extrêmement violentes qui suivent la chute de la monarchie et précèdent de quelques semaines la proclamation de la République.
On peut se poser la question sur les aspects astrologiques de ces journées qui inaugurèrent le suite des procés baclés des révolutionnaires, suivis de charettes, de poursuites infernales en Vendée, pour liquider définitivement la foi.
Sur le plan astrologique, nous pouvons voir des similarités avec la période actuelle, qui font frémir.
L’heure de midi a été choisi pour faire le théme de cette journée, étant donnée que le massacre :
a été exécuté dans la journée, ce qui nous donne un ASC Scorpion qui va durer deux heures environ qui est passé auparavant sur Mars en domicile en Taureau, en opposition à Saturne rétrograde en Taureau, du fait de l’heure choisie nous avons le Soleil en Vierge au MC, qui marque ici la volonté puissante des révolutionnaires de trier les hommes qu’ils haïssaient – malgré la conjonction Soleil-Vénus , qui épargna néanmoins l’abbé Roch-Ambroise Sicard, par exemple..
C’était la période de la pleine Lune : on peut voir que les Lune et Soleil étaient conjoints à l’axe nodal en Vierge-Poissons, avec un Neptune conjoint à Jupiter + Mercure en Balance opposé Saturne retrograde, signe de « la justice aux yeux bandées » , ce qui ajoute à la convergence du moment avec les transits astrologiques. Enfin, la Lune noire était carrée à l’opposition Jupiter – Neptune / Saturne rétrograde. Ce qui semble important puisque la lune noire de sombre réputation, mange les enfants, la même connotation se faisant à Saturne qui lui les mangeait, ceci restant cependant symbolique.
Nous notons enfin la présence de Pluton en Verseau faisant une opposition à son maitre Uranus en Lion, dans l’axe Lion-Verseau : 234 ans après, allons-nous voir se reproduire à Paris de tels horreurs, sachant que le cycle de Pluton est de 248 ans.
Nous avons dépassé la période fatidique, et il y a un nouvel appétit des jeunes pour la foi catholique – contrairement aux apparences – qui est noté partout, probablement du à ce monde, qui semble de plus en plus désincarné.
Je vous invite à faire les comparaisons entre les deux périodes. Nous sortons juste de l’axe nodal en Poissons-Vierge, Neptune est également en valeur mais est conjoint à Saturne et trigone Jupiter, alors que Jupiter était conjoint à Neptune et opposé à Saturne en 1792. Dans les deux situations, Neptune est carré lune noire, dans le même axe Cancer-Capricorne mais inversé, lune noire en Capricorne, Lune noire Cancer, qui sont l’axe de la famille et de l’autorité, ce qui indique bien une opposition.

Je ferais une différence assez nette entre les deux configurations, même si elles mettent toutes deux la Lune noire en tension avec Neptune. Le carré indique ici une difficulté à distinguer ce qui relève d’un manque fondamental, d’un désir impossible à satisfaire — Lune noire — et ce qui relève de l’idéal, de l’imaginaire, de la fusion ou de la dissolution des limites — Neptune. Il peut y avoir une tendance à chercher dans un idéal neptunien la réponse à quelque chose que la Lune noire laisse précisément sans réponse.
Avec Lune noire en Cancer carré Neptune en Balance, le point sensible se situe autour de l’appartenance, de la sécurité affective, de la famille, de la mère ou du sentiment d’avoir un lieu où l’on appartient. La Lune noire en Cancer peut produire une relation très exigeante à la protection : on la désire profondément tout en refusant d’être dépendant de celui qui la donne. Neptune en Balance déplace cette aspiration vers la relation à l’autre : on rêve d’une relation parfaitement harmonieuse, compréhensive, pacifiée, presque fusionnelle. Le carré apparaît lorsque l’idéal relationnel est chargé de réparer un manque affectif qu’aucune relation ne peut complètement réparer. On peut alors beaucoup donner pour maintenir l’harmonie, idéaliser l’autre, éviter le conflit ou attendre de la relation une compréhension qui devrait aller de soi. Puis vient la déception lorsque l’autre redevient simplement autre.
Avec Lune noire en Capricorne carré Neptune en Bélier, nous sommes presque à l’inverse. La question n’est plus d’abord « où est ma sécurité affective ? », mais « sur quoi puis-je m’appuyer, qu’est-ce qui est solide, quelle autorité est légitime ? ». La Lune noire en Capricorne met à l’épreuve les notions de structure, de responsabilité, de hiérarchie, de réussite et de maîtrise. Elle peut rendre extrêmement sensible à l’autorité tout en suscitant une méfiance envers ceux qui prétendent l’incarner.
Or Neptune en Bélier introduit quelque chose de très particulier : l’idéal entre dans le domaine de l’affirmation individuelle. Le Bélier veut agir, commencer, décider, conquérir son autonomie ; Neptune tend au contraire à effacer les contours. Cela peut donner l’idéalisation du pionnier, du sauveur, du chef inspiré, de celui qui prétend ouvrir une voie nouvelle. Mais Neptune brouille justement la frontière entre l’élan authentique et la projection, entre le courage et la fascination pour une cause.
Le carré avec la Lune noire en Capricorne peut alors devenir une crise de légitimité : refus des anciennes autorités sans certitude sur ce qui doit les remplacer. On ne veut plus obéir aux structures héritées, mais on risque parallèlement de projeter une autorité considérable sur des personnalités ou des mouvements qui se présentent comme radicalement nouveaux. C’est assez différent de Neptune en Balance : dans le premier carré, on idéalise facilement la relation ; dans le second, on peut idéaliser l’initiative, l’indépendance ou celui qui prétend incarner un commencement.
Il existe cependant un fil commun très intéressant entre les deux époques : Cancer–Balance parle beaucoup du lien, Capricorne–Bélier parle davantage du pouvoir d’agir et de l’autorité. Avec le premier carré, la question pourrait être : «Jusqu’où dois-je m’adapter pour appartenir et vivre avec les autres ?» Avec le second : «À quelle autorité puis-je encore consentir sans renoncer à mon autonomie ?».
Et, puisque nous raisonnons en termes collectifs avec les planètes lentes, Neptune est ici essentiel : lorsqu’une génération porte collectivement Neptune dans un signe, la Lune noire en carré peut en montrer le point de contradiction, l’endroit où l’idéal collectif rencontre ce qu’il ne parvient ni à intégrer ni à résoudre.
Si l’on ajoute Pluton en Verseau, la comparaison devient plus intéressante, parce que Pluton introduit une troisième question : non plus seulement le manque ou le refus avec la Lune noire, l’idéal avec Neptune, mais la transformation du pouvoir collectif.
Et les deux configurations ne racontent pas du tout la même histoire.
Avec Lune noire en Cancer carré Neptune en Balance + Pluton en Verseau, on a une contradiction entre le besoin d’appartenance et de protection du Cancer, l’idéal d’entente et d’équilibre de la Balance, et un Pluton en Verseau qui pousse à transformer radicalement les formes collectives. Le Verseau privilégie le groupe, les réseaux, les idées, l’émancipation par rapport aux appartenances traditionnelles. Il peut donc entrer en conflit avec ce que la Lune noire en Cancer met à vif : famille, racines, filiation, protection, sentiment d’être chez soi. On peut vouloir construire une société plus universelle tout en découvrant que l’être humain ne se débarrasse pas aussi facilement de son besoin d’appartenance.
Neptune en Balance ajoute alors l’idéal : vivre ensemble malgré les différences, dépasser les conflits, rechercher une égalité dans les rapports humains. Mais la Lune noire en Cancer rappelle tout ce que cet idéal laisse de côté : les attachements irrationnels, les fidélités familiales, le besoin de sécurité, la peur de perdre son identité ou son groupe.
Pluton en Verseau radicalise la question : jusqu’où peut-on transformer les structures collectives sans déraciner l’individu ?
Dans cette première configuration, on verra une tension entre l’universel et l’appartenance. Neptune en Balance dit : nous devons parvenir à vivre ensemble. Pluton en Verseau dit : il faut inventer de nouvelles formes collectives. La Lune noire en Cancer répond : mais que faites-vous du besoin d’avoir des racines, une histoire, une famille, un lieu auquel appartenir ?
Avec Lune noire en Capricorne carré Neptune en Bélier + Pluton en Verseau, nous changeons complètement de registre. Ici, les trois éléments parlent beaucoup plus directement d’autorité, d’indépendance et de pouvoir collectif.
La Lune noire en Capricorne met en question la légitimité des institutions, des hiérarchies, des règles et de ceux qui exercent l’autorité. Neptune en Bélier peut faire naître l’idéal d’un individu qui s’affranchit de ces structures : je décide par moi-même, je commence autre chose, je refuse qu’on me dise ce que je dois être. Mais Neptune peut aussi brouiller cette autonomie : on croit agir librement alors qu’on suit une image, un mouvement ou une fascination collective.
Et Pluton en Verseau donne à cela une dimension considérable parce que le pouvoir ne réside plus nécessairement dans les institutions traditionnelles. Il circule dans les réseaux, les groupes, la technologie, l’information et les communautés capables de mobiliser rapidement des millions de personnes. L’autorité verticale du Capricorne se trouve confrontée à une puissance plus horizontale et diffuse représentée par le Verseau.
C’est là que le paradoxe devient interessat : on peut rejeter l’autorité visible tout en devenant extrêmement dépendant d’un pouvoir invisible. On refuse l’institution, le gouvernement, le professeur, le spécialiste ou toute autre figure traditionnelle de l’autorité, mais on peut accorder une confiance considérable à un réseau, une communauté numérique, une personnalité charismatique ou une idée qui circule massivement.
Neptune en Bélier peut alors donner une illusion d’indépendance : personne ne me commande, je pense par moi-même. Pluton en Verseau pose la question beaucoup plus dérangeante : mais qui fabrique les idées qui circulent dans le groupe auquel j’appartiens ?
C’est pourquoi obn peut résumer ainsi les deux configurations : Lune noire Cancer – Neptune Balance–Pluton Verseau : comment construire l’universel sans détruire l’appartenance ? Lune noire Capricorne–Neptune Bélier–Pluton Verseau : comment conquérir son autonomie sans tomber sous l’influence de nouvelles formes de pouvoir collectif ?
Et la seconde me paraît particulièrement représentative d’une problématique de Pluton en Verseau : l’ancien pouvoir était identifiable parce qu’il avait un visage et une institution ; le nouveau peut être beaucoup plus difficile à identifier parce qu’il passe par les réseaux, l’information, les communautés et les systèmes techniques.
*L’Église catholique a béatifié en 1926 un ensemble de victimes des massacres de Septembre, dont celles des Carmes.
