L’axe bélier Balance activé : « Qui suis je face à l’autre ? »

On va voir comment le conflit dit  de subjectivation  se manifeste en astrologie. Om se manifeste  entre l’axe Bélier Balance –  la MI et la MVII, son équivalent – souvent avec un axe nodal situé dans ce secteurs, car il suffit que l’axe soit très activé.* La MII peut faire partie de l’affaire car elle gére aussi le patrimoine psychique de l’individu.

On parle de conflit de subjectivation lorsque la personne a des difficultés à se vivre comme personne autonome, c’est-à-dire à sentir ce qu’elle veut vraiment, à se positionner sans se définir prioritairement par l’autre, à exister sans validation relationnelle. 

Le conflit n’est pas un refus de la relation, mais une confusion entre être soi et être en lien.  Ce signe de Vénus pourvu de qualités, est appelé à beaucoup donner de lui-même sans en avoir toujours le retour, il peut se donner à fonds et projeter sur l’autre des valeurs qu’il porte seulement en lui-même, victime ensuite de sa naïveté.  Elle en vient à perdre de vue son propre intérêt, devenant assujettie à leurs propres désir. 

L’axe MI–MVII /ou Bélier-Balance activé (intercepté ou pas) pose  la question fondamentale :  » Qui suis-je, face à l’autre ? « 

L’axe MI–MVII  est l’un des plus directement liés à la construction du sujet.

Maison I : le  « je »  incarné, l’élan d’existence, la manière d’entrer dans le monde, l’identité vécue de l’intérieur,

Maison VII : l’Autre , la relation qui engage (couple, associé, adversaire), le regard extérieur qui structure, le lieu  de reconnaissance, et de de projection.

L’opposition MI–MVII met en tension les deux pôles vécus comme incompatibles au niveau psychique (avant toute intégration consciente).

Avec des planètes sur MI et MVII : la planète en MI cherche à s’affirmer, initier, exister ; la planète en MVII appelle la réponse à l’autre, le compromis.

Le sujet peut alors vivre  une impression de devoirse renier pour être aimé , notamment avec une Vénus rétrograde, ou au contraire de devoir rompre le lien pour se sentir exister avec une Vénus en Scorpion ou en Verseau. La subjectivité se construit contre ou à travers l’autre, rarement avec l’autre.

Le mécanisme  typique est que  le conflit se présente souvent ainsi : l’identité se construit en réaction. Le  « je »  n’est pas vécu comme stable, mais dépendant du regard, du désir ou de la demande de l’autre.

Il y a projection massive sur le partenaire et la/les planète (s) en MVII est/sont vécue(s) comme  ce qui manque, ce qui domine, ou ce qui empêche d’être soi.

Cela créé une oscillation relationnelle avec alternance fréquente entre fusion/dépendance, opposition /rupture /solitude revendiquée. Ce va-et-vient est typique d’un sujet qui n’a pas encore intégré l’altérité sans s’y perdre.

Exemple symbolique (quel que soit le contenu planétaire) :

en MI : « J’ai besoin d’exister tel que je suis », en MVII : « Je dois tenir compte de l’autre pour être légitime »

Tant que l’opposition reste vécue sur un mode inconscient, le sujet cherche l’autre pour se définir, puis lui reproche d’entraver son identité. C’est exactement là que se situe le conflit de subjectivation.

L’axe MI–MVII n’invite pas à choisir un camp, mais à être sujet avant d’être partenaire, reconnaître l’autre sans s’y dissoudre, accepter que le lien ne valide pas l’existence, mais la met en relation.

Quand l’opposition est intégrée le moi devient plus stable, la relation cesse d’être un lieu de lutte identitaire, l’autre n’est plus un miroir tyrannique mais un vis-à-vis.

Comment  résoudre  le conflit de subjectivation  dans une vie ?

Un conflit de subjectivation   se transforme dans la manière dont le sujet se positionne face à lui et se déplace.

Au début de la vie, durant l’enfance le conflit est subi, il agit à l’insu du sujet, il produit des réactions automatiques : se taire, couper /exploser). A l’âge adulte, on cherche à éviter le conflit, à chercher l’accord,  ou à s’ajuster

Plus tard,   vers 45 ans  : le conflit devient conscient, il est reconnu, la parole est plus tranchante, il y a refus de se plier et avec des coupures dans les échanges, une rigidification :  le sujet commence à exister, mais contre l’autre.

Ce conflit, s’il est reconnu, peut être travaillé et on peut arriver alors à l’ intégration  réelle, avec la capacité à rester dans la relation sans se dissoudre, sans attaquer, sans fuir :  le sujet peut exister avec l’autre.

La résolution  passe   par trois déplacements intérieurs : il faut prendre conscience que « toutes mes idées ne sont pas mon être » et tolérer la contradiction On voit alors que  l’autre peut penser autrement sans me menacer, et renoncer à tout maîtriser, la discussion peut rester ouverte.    Il ne faut   plus vivre la pensée comme une arme ou une défense. On peut écouter sans se crisper, répondre sans couper, rester sans convaincre, laisser l’autre être différent.     

La question du “je face à l’autre” devient une tâche centrale de vie, lorsque l’axe nodal passe soit par les maisons I/VII, ou soit par les signes Bélier/Balance (qui plus est,  « interceptés »), il met en travail la question du sujet face à l’autre,  soit dans le réel relationnel, soit dans la structuration intérieure.

Dans le cas des maisons I / VII, le réel oblige à agir, parfois avant d’avoir compris, mais dans le cas des signes interceptés,  le sujet peut croire qu’il a compris avant de réellement pouvoir agir. 

*En astrologie, dire qu’un élément est activé signifie  qu’il devient central, opérant et observable dans la vie, parce qu’il est fortement sollicité par la structure du thème ou par les cycles.

Réf :  Liz Greene – astropsycholoque dans son livre « Relating »

 

 

 

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