Jupiter en Lion : La question de la puissance des uns et des autres

Le mois du Lion est assez propice pour se poser la  question de la puissance : sa puissance personnelle, celles de ceux qui semblent détenir un pouvoir. Chacun a son idée là-dessus. Les plus cyniques répondent que ce sont ceux qui ont l’argent. 

Actuellement, la question est assez préoccupante, dans un monde qui se fracture où il y a ceux qui triment et ceux qui se moque du  spectacle de désolation et de misère étalé sur nos écrans avides de sensations , notamment les médias  qui se prétendent objectifs ! Ce ciel  montre   une fracture plus profonde entre ceux qui ont encore la possibilité de choisir leurs préoccupations et ceux auxquels la nécessité impose sa loi. 

La question de la puissance est probablement l’une des clés majeures de la période actuelle, mais il faut distinguer plusieurs formes de puissance : celle qui domine, celle qui protège, de celle qui transforme et qui permet  de vivre dignement.

Il semble à première vue que le monde soit, au moins, coupé en deux (autrefois on parlait du tiers monde) : ceux qui peuvent se poser des questions philosophiques  et ceux qui n’ont que le temps de s’occuper de penser à leur sécurité, auquel j’ajouterais  le troisième groupe  de ceux qui évitent de penser mais qui renforce constamment sa sécurité. 

En astrologie personnelle, quelles planètes étudier pour savoir si nous avons un peu de puissance en ce monde agité,  en dehors d’un  compte en banque plus ou moins rempli ?

Au début d’août 2026, les positions collectives les plus significatives sont Pluton en Verseau, Neptune et Saturne en Bélier, Uranus en Gémeaux et Jupiter en Lion : qui possède réellement la puissance ?

Pluton reste la première planète à étudier lorsqu’on parle de puissance mondiale. Il ne représente pas seulement les gouvernants : il montre les lieux où se concentrent les moyens de contraindre, de contrôler et de survivre. En Verseau, cette puissance passe par les réseaux, les technologies, les données, l’intelligence artificielle, les infrastructures, les grands groupes et la capacité à orienter l’opinion collective.

Le paradoxe du Verseau apparaît ici : les outils promettent l’émancipation de tous, mais ils peuvent aussi accroître la dépendance et la surveillance. Une petite partie de la population possède les plateformes, les capitaux et les moyens techniques, tandis qu’une autre travaille, consomme, fournit ses données et subit les décisions prises ailleurs. Pluton met  en lumière une lutte entre la puissance verticale des oligarchies et la puissance horizontale des citoyens, des collectivités. Pluton en Verseau peut  produire une terrible dilution des responsabilités : personne ne paraît coupable, parce que la décision vient d’un algorithme, d’un conseil d’administration, d’un marché, d’une administration ou d’une chaîne de sous-traitance : cette puissance devient presque invisible.

Saturne ,représente les limites, les institutions, la loi, la peur du manque et le besoin de protection. En Bélier, il tend à transformer la sécurité en impératif à savoir protéger le territoire, contrôler les frontières, renforcer l’autorité, réarmer, prévoir l’affrontement ou demander à chacun de se débrouiller lui-même. C’est probablement ici que se situe la différence  entre ceux qui peuvent encore se poser des questions philosophiques et ceux pour lesquels la sécurité matérielle est primordiale : lorsque le logement, la nourriture, le travail ou l’intégrité physique sont menacés, Saturne prend le dessus : on ne cherche plus le sens de l’existence, on cherche à tenirLe danger de Saturne en Bélier est que la peur collective rende acceptables des politiques de dureté : on demande davantage d’efforts à ceux qui ont déjà peu, au nom de l’urgence, de la dette, de la compétitivité ou de la sécurité, tandis que les détenteurs de la puissance peuvent continuer à échapper aux contraintes communes.

Par contre, Neptune   montre les idéaux, les croyances collectives, les images et les récits par lesquels une époque donne un sens à ce qu’elle vit. En Bélier, il peut sacraliser l’action, la lutte, l’héroïsme, la nation, la résistance ou le sacrifice. C’est une position très ambiguë. Elle peut réveiller un véritable courage moral et pousser des individus à se battre pour les plus faibles, mais elle peut aussi, produire des guerres d’images, des croisades idéologiques et une confusion entre courage, agressivité, et  des actes en rapport avec un trafic de drogue qui ne fait qu’augmenter. On demande alors aux populations de consentir à des sacrifices au nom de principes grandioses sans toujours leur dire quels intérêts économiques ou stratégiques se trouvent derrière. Les spectacles de misère diffusés sur les écrans sont profondément neptuniens.

Uranus en Gémeaux agit sur l’information, les médias,  les transports, l’enseignement, le mental en accélérant la circulation des nouvelles, mais en fragmentant la réalité en une multitude de versions qui se télescopent. Nous risquons  d’avoir, non seulement au moins deux catégories sociales, mais plusieurs mondes mentaux incapables de communiquer : chacun possède ses informations, ses experts, ses images, ses indignations et ses vérités. Les plus favorisés peuvent théoriser la crise, tandis que ceux qui la vivent concrètement n’ont plus confiance dans les discours venus d’en haut. Cependant, Uranus en Gémeaux peut également libérer la parole, permettre aux témoins de contourner les médias dominants, et rendre visibles des réalités auparavant cachées. La question sera alors : cette multiplication de paroles produit-elle une conscience collective ou seulement davantage de bla bla ?

Jupiter en Lion amplifie la visibilité, les chefs, les personnalités centrales, les mises en scène et le besoin de reconnaissance. Face à Pluton en Verseau, il pose la question de la confrontation entre le dirigeant qui incarne personnellement la puissance, et les systèmes impersonnels qui la détiennent véritablement. Cette opposition peut produire des  annonces grandioses, sommets, grands projets,   personnages publics tenant le haut du pavés du fait de leur puissance financière, gouvernants qui veulent incarner seuls le destin collectif. Pendant ce temps, la puissance réelle demeure souvent dans les structures financières, numériques ou industrielles.En contre-partie, cet aspect peut  faire apparaître des figures capables de redonner dignité, courage et confiance à une population.

Jupiter en Lion pose cependant une question morale essentielle :

Qu’est-ce qu’une véritable grandeur ? Est-ce  dominer, ou mettre sa puissance au service de ceux qui en ont moins ?

Mars ne décrit pas toute l’époque, mais il déclenche les événements contenus dans les grands cycles, sa route est plus rapide, car il change de signe tous les mois, il faut donc le suivre dans sa progression du début à la fin du zodiaque en soulignant ce qu’il quitte et ce qu’il va chercher dans le signe suivant. Lorsqu’il touche Pluton, Saturne, Uranus ou Neptune, il peut transformer les tensions économiques ou idéologiques en grèves, révoltes, répression, affrontements, accidents ou décisions militaires. Il montre le moment où une puissance latente passe à l’acte. (nous venons d’avoir une conjonction Mars-Uranus).

On pourrait se poser la question suivante : la puissance technologique et collective servira-t-elle à délivrer l’être humain de la précarité, ou permettra-t-elle à quelques-uns de se délivrer définitivement, de toute responsabilité envers les autres ?

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