Sociologues et anthropologues le notent, la capacité à vivre ensemble se dissout. La participation familiale disparaît : les enfants devenus adultes, ne font plus partie du fonctionnement réel de la maison.
L’injonction au bien-être déforme les relations : toute difficulté relationnelle devient “toxique”. On ne devient pas adulte. La loyauté familiale est perçue comme un danger, alors qu’elle était auparavant un repère.
Sans tomber dans la simplification, certaines tendances astrologiques collectives accompagnent ce basculement :ici on notera qu’on classe les tendances astrologiques par périodes de transit des planètes lentes, qui ne sont pas toujours exactement identiques, non pas artificiellement par section de 16 ou 20 ans. Uranus reste 7 ans dans un signe induisant dans certain une inflexion très forte du caractère d’une génération qui s’additionne notamment si Uranus est maitre d’une autre planète lente comme ici avec Neptune en Verseau qui est restée 14 ans en Verseau. Il est clair que ceux qui sont nés durant la période 95/2003 auront une accentuation dans le signe de l’instabilité, du changement, qu’est le Verseau, lorsqu’il a d’autres influences qui accentuent dans le thème. « Ceux-ci n’en feront qu’à leur tête. »
Uranus en Verseau (1995–2003) en domicile, accentue la révolution de l’individu, la rupture avec la tradition, la valorisation de l’autonomie , rejet des structures collectives.
En même temps, Pluton en Sagittaire (1995–2008) incite à une recherche de sens, mais un rejet de l’effort imposé par les normes familiales, sociales, et civiques.
Neptune en Verseau (1998–2012) inspire un idéalisme de la « liberté » avec une spiritualité
individualiste, originale, ou excentrique.
Cette génération a hérité d’une période astrologique où le lien individuel, proche peut faire peur, où la limite semble négative, et où aider est perçu comme une “perte de soi”, où l’on qualifie une promesse de chaine. Il s’agit des signes les plus indépendants, recherchant l’humanisme ailleurs que dans les groupes existants (famille, mariage, etc), rêvant d’autre chose qui serait mieux.
Le monde est unanime à remarquer avec le recul, le tournant de 98/2000 qui coïncide avec l’apparition de la monnaie unique en Europe, puis progressivement d’internet, du portable, qui a mis à notre portée les réseaux sociaux en tout lieux, et a fini de nous permettre d’avoir un anonymat, peu à peu transforme nos façons de voir, d’être, menant à une forme d’exhibition totale, sans considération pour l’intime, le privé. Certains consomment la vie comme au supermarché, et adoptent la vie qui en découle : pourquoi m’encombrer d’ un partenaire imparfait à mes yeux, si je peux en essayer sans fin grâce aux réseaux, et peut-être enfin trouver la perle rare ? On est dans le no limits.
Nous passons d’un monde où les individus étaient sacrifiés au groupe, avec austérité, devoir, absence de choix , à une période où le groupe est sacrifié à l’individu ce qui entraine solitude, fragilité, désengagement. Autrefois on dira qu’il y avait trop de devoir, pas assez de liberté, aujourd’hui trop de liberté, pas assez de devoir.
La voie saine est entre les deux extrêmes : un individu capable de se tenir debout, dans une société à laquelle il contribue, sans perdre son identité, ni se couper des siens, qui devrait avoir une autonomie ancrée, une solidarité choisie, mais pas la loyauté écrasante, la participation mais pas la fusion, mais l’engagement, pas le sacrifice afin de retrouver une forme de maturité que ces transformations ont déstabilisé. Ce dernier point cependant mérite le détour, car à un moment où à un autre l’engagement mène souvent au sacrifice – laisser une compagne par peur de s’engager , soigner un aïeul parce qu’il fait partie de nous, sans l’abandonner dans sa maison de retraite à des mains expertes mais étrangéres.
Mais en même temps, nous vivons une époque paradoxale. Jamais la société n’a autant parlé de soin, de bien-être et de santé mentale, jamais pourtant les individus n’ont semblé aussi fragiles.
L’individu est un éternel Peter Pan assisté par toutes sortes d’objets connectés, qui vont de plus en plus lui permettre , de vivre avec moins d’ effort. Il n’apprend plus rien, ne fait plus rien, de sait plus rien. C’est le danger qui guette notre devenir. Ceci avait commencer par la calculette, et se termine pour le moment avec l’IA. Or tout apprentissage demande temps, rigueur et effort donc sacrifice.
Devenir adulte implique des passages clairs : accepter des limites, supporter la frustration, assumer des responsabilités, sans garantie de confort.
Dès l’école, l’enfant est pensé comme à préserver des différentes interactions, l’autorité avec les professeurs est négociée, mais en dehors de l’école, on le laisse faire n’importe quoi avec des outils informatiques qui le manipule, au lieu de lui apprendre à réfléchir par lui-même : le monde extérieur devient une réalité trop dure à supporter, il s’évade. Lorsqu’il retombe dans la réalité, elle lui apparait étrange, et sans intérêt. Cela s’accentue naturellement à l’adolescence, qui commence de plus en plus tôt* alors qu’on a repoussé les limites de sortie de l’école.
Le parent est sommé d’accompagner, d’expliquer, de réparer et dire non sans justification devient presque impensable. Or le non, n’est pas une violence : c’est une inscription dans le réel. À force de vouloir protéger l’enfant de toute frustration, on l’empêche de rencontrer la frustration, condition pourtant nécessaire pour devenir adulte.
C’est une rupture avec les générations précédentes qui ont souvent tenu dans le silence et la dureté. En réaction, ces générations refusent toute contrainte. Mais en les rejetant , elles rejettent aussi la structure. Elles confondent, limite et violence. Or devenir adulte signifie accepter l’inconfort, renoncer à certaines illusions, répondre de ses actes sans toujours s’expliquer.
Cependant, ce constat souvent répété, masque une autre réalité : une large part de la population ne souffre pas d’un excès de bienveillance, mais d’un manque profond d’humanité, lié à des abus de faiblesses, à des violences ou à des cadres déshumanisants.
Là se situe une confusion . L’autorité n’est pas en soi structurante, lorsqu’elle est exercée sans humanité, sans reconnaissance des individus, sans considération pour leur vulnérabilité réelle elle ne forme pas des adultes solides : elle les brise, et une fois brisé, un individu ne se reconstruit ni par la contrainte, ni par l’injonction à « tenir ».
Nota ; C’est dans ce contexte que le développement personnel peut intervenir. il concerne principalement des personnes fragilisées , qui cherchent avant tout à se remettre à flot, non pour se complaire dans leur vulnérabilité, mais pour retrouver une capacité à agir, un équilibre intérieur leur permettant de reprendre une place dans le monde.
*en fait pour protéger au maximum le moment où l’enfant est considéré comme pouvant se prendre en charge, alors qu’en fait dans les sociétés, dites primitives, l’âge adulte était en rapport avec la puberté.
