Depuis quelques décennies, un courant s’est dessiné entre plusieurs disciplines, qui à première vue, semblaient éloignées : l’astrologie transgénéalogique, les thérapies systémiques brèves* issues de l’École de Palo Alto (Californie), et les nouvelles pratiques psychothérapeutiques(Pleine conscience, EFT, EMDR) *.
Ce croisement prend racine dans une même intuition : ce que nous appelons « moi » est pris dans des systèmes – familiaux, symboliques, historiques – qui nous déterminent en profondeur, parfois à notre insu.
L’astrologie transgénéalogique, telle qu’elle a été développée par Irène Andrieu, Martine Barbault et Catherine Gestas propose une lecture du thème natal comme carte de mémoire familiale. Le lien entre ces deux domaines s’établit d’abord par leur vision commune, la thérapie systémique voit l’individu non pas comme une entité autonome, mais le voit au sein d’ un tissu relationnel.
Le courant de Palo Alto, , propose une lecture radicalement nouvelle de la souffrance humaine : ce n’est plus l’origine individuelle (freudienne) qui prime, mais l’organisation relationnelle dans laquelle un symptôme prend sens. Un comportement, une douleur, une croyance ne sont pas vus comme des signes d’un passé refoulé, mais comme des réponses logiques, dans un contexte dysfonctionnel. L’objectif devient alors, non pas d’analyser, mais de modifier la structure : changer le langage, le cadre, les interactions, pour faire émerger une nouvelle réalité. Le langage symbolique en astrologie -les constellations familiales*- est un outil , un pont naturel.
La position des planètes, les axes lunaires, les maisons liées à la filiation (notamment la MIV et la MVIII), deviennent des points de repérage pour identifier les schémas hérités, les loyautés invisibles et les nœuds transgénérationnels. Cette approche cherche à mettre en lumière afin de permettre un dégagement et une transformation intérieure, ce qui se répète sans conscience.
L’astrologie ne se limite pas à un individu isolé : elle trace les lignes d’un champ d’influence, d’un réseau de significations où l’individu est pris.
Ensuite, ces deux approches partagent une dimension pragmatique et transformationnelle. Là où l’astrologie transgénéalogique permet de mettre en lumière un héritage (par exemple un deuil non fait, une transmission silencieuse de culpabilité ou de dette), les méthodes systémiques* offrent des leviers concrets de résolution : recadrage, rituel, déplacement symbolique, inversion de polarité, etc.
Enfin, et peut-être surtout, ces deux univers redonnent à l’humain un pouvoir d’agir sur son destin. La notion de « libre arbitre » devient plus subtile : il ne s’agit pas de nier les déterminismes, mais de les rendre conscients pour s’en désidentifier. L’astrologie montre l’architecture du mythe personnel, la thérapie interactionnelle permet d’en réécrire le scénario. La réponse combine les apports de l’astrologie transgénéalogique, de la thérapie systémique, et d’une approche rituelle ou symbolique.
Ce croisement ouvre des perspectives nouvelles : ni enfermés dans la répétition, ni abandonnés à un individualisme psychologique, nous pouvons habiter le sens de notre vie comme un texte vivant, tissé d’héritages, de choix et de transformations.
Dans cette optique, l’astrologue et le thérapeute deviennent des accompagnateurs , non pour « corriger » ou « guérir », mais pour révéler les structures invisibles et permettre à chacun de redevenir l’auteur de son histoire.
Exemple: Lorsqu’une personne porte en elle des mémoires avec des morts injustifiées , injustifiables, dans sa lignée, il ne s’agit pas seulement de souffrances psychiques ordinaires : ce sont souvent des fragments de mémoire collective traumatique, incorporées dans le corps et dans l’âme, comme un héritage de douleur non digérée. Ces mémoires peuvent se manifester de manière inconsciente, mais très précise, par : des angoisses existentielles diffuses (sensation d’être traqué, menacé, coupable sans raison), une culpabilité de vivre (« je n’ai pas le droit d’être heureux »), une douleur corporelle inexpliquée, souvent liée au souffle (poumons, gorge), à la peau (tatouages, marquages), ou aux jambes (marches forcées), Des rêves obsédants, des images récurrentes liées à la guerre ou à l’enfermement, une relation étrange au froid, au feu, aux valises, aux files d’attente, aux trains.
Il faut nommer l’histoire, reconnaître la mémoire. La personne ne doit pas « guérir » de cela comme d’une maladie : elle doit faire un acte de reconnaissance car tant que l’histoire est niée, ou enfouie, elle continue d’agir comme une pièce manquante du système familial.
Il ne s’agit pas de psychiatriser ni de dramatiser, mais de mettre des mots justes sur ce qui a été transmis : Qui a souffert ? Pour quelles raisons ? Qui est mort ? Dans quelles circonstances ? Qui a survécu ? Et avec quels silences ? Quelle est la loyauté inconsciente qui se rejoue aujourd’hui ?
En astrologie, certains éléments du thème peuvent appuyer l’hypothèse d’un héritage de trauma collectif ou de mort de masse , avec les placements en maison de :
la Lune noire en aspect ou en maisons VIII, I, IV, XII (secret « honteux » en rapport avec la domination , souvent d’ordre sexuel) ;
Pluton (trauma, mort collective), souvent en maisons IV ou XII.
Saturne (exil, karma) en lien avec la Lune (mémoire), maison VIII ou XII.
Nœud Sud en Cancer, en Scorpion ou en maisons VIII ouXII.
Chiron en conjonction à des points personnels (Soleil, Lune, AS) : blessure originelle.
L’astrologue peut être une aide en aidant à localiser cette mémoire dans le thème et va permettre de valider le ressenti profond d’un traumatisme invisible et peut montrer les portes de sortie (MIX, Jupiter, aspects de Soleil ou Mercure : l’expression, la transcendance, la transmission. Il ne s’agit pas de prédire, mais d’aider à traverser. Les signes qui sont gouvernées par ces planètes sont intégrées dans la recherche , l’axe tout entier peut-être concerné (interceptions).***
On va ritualiser la séparation et l’hommage***, une douleur incorporée venue d’un trauma collectif ne disparaît pas par la raison seule. Il faut passer par un acte symbolique fort, qui honore les morts, désidentifie le vivant, restitue la mémoire au passé. Ces gestes simples, (un geste symbolique sera toujours porteur d’une suite positive même sans intention consciente) peuvent avoir une portée libératrice sur le plan psychique et corporel. Une fois la mémoire restituée, l’étape la plus difficile est souvent de s’autoriser à vivre sans porter la dette. Cela demande du temps, de la répétition parfois, mais c’est essentiel : la guérison n’est pas une trahison. Il faut dénouer ce pacte invisible.
*Né dans les années 1950, autour de Gregory Bateson, Paul Watzlawick, Anne Ancelin-Schutzenbeger la théorie la plus utilisée est celle de la pleine conscience. : la mindfulness (ou pleine conscience) est une des pratiques les plus connues dans ces nouvelles approches, introduite en Occident par Jon Kabat-Zinn (1970),). C’est une pratique issue du bouddhisme, adaptée à la psychologie moderne qui consiste à entraîner l’esprit à rester attentif au moment présent, sans jugement, en observant pensées, émotions et sensations corporelles. Les effets psychothérapeutiques sont la réduction du stress et de l’anxiété en apprenant à ne plus s’identifier aux pensées anxieuses, en régulant des émotions car l’inconscient cesse de fonctionner en mode automatique, permet la prévention des rechutes dépressives, avec une meilleure relation au corps (utile dans les troubles psychosomatiques). Sa place dans les « nouvelles pratiques de réorganisation de l’inconscient » permet de désamorcer les automatismes inconscients (réactions réflexes, schémas hérités), de créer un espace de liberté entre ce qui surgit et la réponse qu’on choisit, renforcer une capacité d’ancrage (sensation corporelle, respiration) pour éviter la « dispersion mentale ». C’est donc moins une « thérapie parlée » qu’un entraînement de la conscience, qui réorganise indirectement l’inconscient en réduisant ses automatismes.
**planètes des « constellations familiale »s : la Lune : la mère et toute femme mère, l’épouse devenue mère ; Soleil : le mari, le père, ou toute personne qui tient ce rôle, Mercure ; le frère, ou sœur, peut être précisé avec Vénus fille et Mars frère ainé (on trouve la conjonction des deux) ; Mars, seule sans Mercure : le fils, le frère ainé ou l’amant ;Vénus : la sœur, la fille, l’amante ;Jupiter : l’oncle, le beau-frère, le beau-père, un protecteur comme un tuteur ; Saturne : le père en tant que celui qui dit la loi, mais aussi le grand-père, le professeur, le guide, le juge ; les trans personnelles – ou lentes – ont comme symbolisme des concepts plus vastes : Uranus la liberté, Neptune la foi, Pluton la transformation.
**Il arrive que des morts non reconnus, disparus sans sépulture, soient « intégrés » dans le destin du vivant, qui alors « souffre pour eux », ou « leur tient compagnie dans la douleur ». Le simple fait de nommer leur prénom, leur place, leur histoire, remet souvent les choses à leur juste place. « Ce n’est pas moi, c’était eux. Je leur rends leur histoire, avec amour et gratitude.
