Le « féminin sauvage »

Le « féminin sauvage » est inspiré par les travaux de Clarissa Pinkola Estés. Qu’est-ce que le « féminin sauvage » ?

Le « féminin sauvage  »  représente   une puissance instinctive, libre et intuitive, une sagesse naturelle, non civilisée, non soumise, une connexion profonde au corps, à la nature, au rythme du vivant, un ressenti très fort de l’invisible, des cycles, de la psyché profonde.

Chez les femmes, il peut être nié au profit d’un rôle maternant ou socialement lisse. Lorsqu’il se manifeste chez un homme, peut être une source de richesse intérieure immense, mais aussi un lieu de conflit, surtout si ce féminin a été réprimé dans sa lignée ou dans son environnement culturel, il peut être vécu comme une étrangeté, voire une menace pour le modèle masculin transmis.

Quand un homme porte ce « féminin sauvage » :  Il peut ressentir :une hypersensibilité (émotive ou corporelle), une empathie profonde pour la souffrance d’autrui, parfois au détriment de lui-même, une faculté intuitive développée, qui entre en tension avec une éducation rationnelle ou viriliste, un besoin de solitude, de rêverie, de fusion, de contemplation, un refus de s’identifier aux modèles masculins dominants (père autoritaire, soldat, homme « dur », etc), une culpabilité à exister dans son désir ou son corps, un tiraillement intérieur entre action et réceptivité, puissance et retrait.

Chez un homme, le « féminin sauvage » peut être hérité d’une lignée de femmes blessées, exclues, ou sacrifiées : arrière-grand-mère morte en couche, grand-mère effacée, internée ou humiliée, mère qui n’a jamais pu exprimer sa liberté.

L’homme peut alors être porteur inconscient de cette mémoire, à la fois dans son hypersensibilité, et parfois dans sa maladie (corps qui crie ce que la lignée a tu).

Le travail consiste à honorer ce féminin intérieur : sensibilité, intuition, sens du soin ou du silence — sans s’y perdre, ni le rejeter. Ni féminin refoulé, ni féminin fusionnel : mais un féminin réconcilié au masculin. Cela passe souvent par une création personnelle, un cheminement spirituel ou thérapeutique profond.

En résumé, lorsqu’un homme porte le « féminin sauvage », cela signifie qu’il incarne — consciemment ou non — une mémoire féminine blessée, intuitive, libre ou marginale dans sa lignée. Ce féminin peut se manifester par : une hypersensibilité corporelle ou émotionnelle, une connexion intuitive au monde invisible, une difficulté à s’identifier aux modèles masculins dominants, un désir de réparer ou protéger le féminin, parfois au prix de soi-même.

Pour comprendre on parle de « l’ombre au féminin » en transgénéalogie qui n’a pas le même sens que l’ombre selon Jung* :   on parle de la part féminine non assumée ou blessée dans une lignée, exemples : femmes réduites au silence ou à un rôle passif dans des générations antérieures, féminité vécue comme un danger (viol, humiliation, contrôle patriarcal), transmission de honte, colère, ou peur d’être femme.

Cela se voit dans un thème  par les aspects difficiles à Vénus ou Lune noire, positionnements dans MVIII ou MXII liés à Lune, Vénus, ou Nœud Sud, interceptions du Taureau–Scorpion ou Cancer–Capricorne (axes de la sécurité et de la transmission, de la féminité).

Cela  implique qu’il est souvent « le porteur de l’ombre du féminin » dans la lignée, en particulier si des femmes ont été effacées, non reconnues ou violentées. Il peut vivre un tiraillement intérieur entre action (Mars) et fusion/sacrifice (Neptune, Lune noire, MXII). La maladie, le burn-out, ou la retraite psychique peuvent devenir des lieux d’appel du corps pour dire ce que les femmes n’ont pas pu exprimer.

Comment intégrer ce « féminin sauvage » ?       

En reconnaissant cette part comme une force, et non une faiblesse, en honorant le lien aux femmes de la lignée, sans s’y identifier totalement, en créant, soignant, ou enseignant, à partir de cette intériorité, en sortant de la culpabilité : ce n’est pas lui qui doit réparer, mais il peut transformer cette mémoire par la conscience, la parole, l’acte symbolique L’intégrer, c’est accepter que nous ne sommes pas que “l’image que nous voulons montrer”, mais aussi ces parts plus sombres ou inavouées.

 

 

*L’ombre selon Carl Gustav Jung : pour Jung, l’ombre est la partie de nous-mêmes que nous refoulons ou que nous refusons de reconnaître, car elle ne correspond pas à l’image idéalisée que nous voulons avoir de nous. elle contient souvent des pulsions, émotions, désirs, colères, jalousies, mais aussi des potentiels inexploités.Plus nous refoulons cette ombre, plus elle cherche à se manifester à travers les autres (projections) ou dans des comportements involontaires.

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