L’identification , la conscience de soi

L’identification, ou conscience de soi, est le premier acte conscient face à l’autre. Nous sommes deux,  je vois que je suis différent ou/et semblable (axe Bélier Balance ou et I/VII en astrologie).

L’identification est un processus par lequel on se connait et on se reconnait comme faisant partie d’un groupe humain, d’une famille, comme fils de son père et de sa mère. Si un enfant ne les a pas connu, il en souffre, mais il sait qu’il fait partie des humains. Il  se sent très seul cependant, alors il a des copains qui deviennent sa famille. L’enfant singe voit sa mère sous les traits d’un singe, si un enfant est élevé par un singe, il se prend pour un singe, tant qu’il n’a pas vu un miroir. Cela, tout le monde peut le comprendre, même le singe.

On sait que le bébé connait le son de la voix de sa mère, de son père s’il est dans l’appartement, il va s’identifier à ceux qui seront autour de lui, dès sa naissance. Le sourire bienveillant, la sympathie dans le regard, la parole, font partie de ce qui va rassurer le tout petit . Une fois qu’il aura pris confiance en lui, il saura qu’il est un être parmi les autres êtres,  comme les autres enfants : il va grandir en faisant ce que font papa et maman,  qui lui parait si important. On dit qu’il singe ses parents. Nous sommes tous  comme cela, c’est une étape de l’évolution bien connue.

Il va marcher à quatre pattes : est-il un chien, comme notre Cocker ? Non,  il va se dresser tout seul, à l’aide des barreaux d’une chaise, d’un accoudoir de fauteuil. S’il était élevé par une louve dans la forêt, continuerait-il à ne pas essayer de se dresser ! On ne le pense pas sauf si le terrain est trop accidenté ! Mais la louve resterait sa mère, car il ne connaîtrait qu’elle. Hors de ce contexte particulier, on humilie un être humain en le faisant marcher à quatre pattes.

On n’oblige pas un enfant garçon à être une fille, ou vice versa : on a toujours pensé que c’était inné, mais on s’est aperçu que ça l’était moins ; mais si on lui enlève ses repères,   il ne saura pas  ce qu’il est, ce qui peut gravement lui nuire, il  se sentira  de nul part.

Des  conséquences  particulières au niveau du genre peuvent être issues du manque de repères, mais on ne peut faire de certaines  particularités une  généralité, même si on doit les reconnaître, les accepter. Les adeptes du choix du non genré, pleins de théories toutes plus bruyantes les unes que les autres font un contre sens psychologique (et je m’étonne du silence des psy vue les conséquences sur la sociétè).

On a déduit qu’on ne choisit que par rapport à quelque chose,  on peut quitter quelque chose que l’on connait, mais on ne peut rejeter quelque chose qu’on ne connait pas. 

Même si on est relativement neutre sur le choix des couleurs, blanc et jaune au lieu de bleu et rose, la petite  fille féminine s’arrangera pour préférer ce qui est doux au regard, et aller vers des couleurs pastels, elle s’emparera de sa féminité. On lui coupera les cheveux et sa frustration sera totale, on l’obligera à mettre des pantalons : idem.

Mais au moins, elle saura qui elle est. Si on l’a gavé de  tulle rose et de petits chaussons, à ce moment là, elle choisira les pantalons ou les jupes en conscience, sans oublier de mentionner que  la mode est ou pas au cœur de ses préoccupations*.

Il est possible que des mères et des pères  infligent leurs goûts à leur enfant parce qu’ils tâtonnent, mais on peut aussi penser qu’il y a des adultes éclairés. Il faut éviter ce petit jeu qui consiste à vouloir l’enfant qu’on n’a pas ; cette vision est souvent forte chez des pères qui voulaient un garçon et qui ont une fille, tellement forte que celles-ci oublient ce qu’elles sont, pour avoir droit à leur amour. Si elles ne l’oublient pas, elles finissent par les haïr.

On donne un jouet à l’enfant, un premier doudou qui a l’odeur de la mère et qui lui permet de se rattacher à elle, puis un poupon ou une poupée peut-être, souvent un animal en peluche, qui est doux, son animal de compagnie,  mais il a toujours, deux yeux et une bouche, il est vivant. On s’est aperçu que c’était grâce aux jeux de rôle que faisait l’enfant avec son jouet, qu’il s’identifiait à son humanité, à la vie  : la dînette, le docteur, etc, sont des jeux utiles.

Durant les années 80, on trouvait des poupées et poupons sexués : quelle révolution ! Tout le monde n’a pas une fratrie, certains sont enfant unique. Savoir qu’on n’était pas tous pareils physiquement, ou indifférenciés comme les hippocampes !

Actuellement, quelle aberration de vendre des poupées sans visage* (pour les filles). Elles ressemblent à des poupées d’autrefois faites de chiffons ou de paille, même si elles ont de beaux vêtements. Un enfant déjà grand, pensera que la poupée est moche. Il  se sentira frustré, mais en plus cela produira chez lui le sentiment de se sentir encore plus seul, quand sa mère s’éloignera; sa poupée, servant  de substitut,  de copine (ain) ou de sœur (frère), le regard est le reflet de l’âme, on y voit l’affect : la révolte ou la joie, la peur ou la satisfaction. 

Ce sont les stimuli qui entrent dans la vie des petits, qui les font évoluer : alors n’est-ce pas le comble de la non-identification ?

Un documentaire montre à quel point la poupée ou le poupon, est un jouet auquel l’enfant s’identifie  : on propose deux poupées une blanche et une noire à des enfants noirs. Ceux-ci choisissent la blanche car c’est la couleur dominante là où ils vivent (s’il n’y a que des personnes de couleur, ils choisissent un poupon de couleur, ce qui indique qu’ils  s’identifient à ce qu’ils voient autour d’eux,  même à  leur dépends).

Alors que dire d’une poupée sans visage ?

La force d’un individu s’acquiert dans son identification à ceux qui l’entourent, même si après, il doit devenir lui-même en oubliant son mimétisme,  afin de savoir ce qu’il n’est pas.

On pourra aussi parler de la célèbre phrase de Simone de Beauvoir : “on ne nait pas femme, on le devient” qui est aussi un non sens, puisqu’on peut dire la même chose d’un homme avec : “tu sera un homme mon fils”… ou pas.

*Je laisse de côté les vétos religieux, (ajoutant un fort déterminisme)  bien que ceux-ci soient à la source de la poupée sans visage, et cette idée est reprise par les adeptes du “non genrés”.

 

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