Le sujet a déjà été traité par Iréne Andrieu dans son livre, « Les enfants de l’an 2000 », où elle évoquait cette génération, il a aussi été traité dans « Lecture Astrologique des années 90 », avec sous titre de Germaine Holley, les grandes mutations mondiales : Entre deux ères : Poissons-Verseau.
Les jeunes nés à partir de 2008, avec Pluton en Capricorne, représentent une génération de « révoltés sérieux » qui analyse, malgré sa jeunesse, les enjeux de l’avenir. Leur révolte ne repose pas uniquement sur un rejet de l’autorité, mais sur une exigence de cohérence, de responsabilité et de vérité.
Ils trouvent des alliés parmi les générations précédentes, notamment chez ceux nés entre 2000 et 2004, avec Chiron en Capricorne, ainsi que chez les personnes nées entre 1989 et le début de 1991, marquées par l’amas de Saturne, Uranus et Neptune en Capricorne. Ces générations se retrouvent aujourd’hui dans les mouvements de contestation, même si leurs motivations et leurs moyens d’action diffèrent.
On comprend la dynamique qui les rapproche : le Capricorne représente le devoir, la rigueur, le sens du réel, la responsabilité et la nécessité de construire sur des bases solides. Il supporte difficilement l’incohérence, l’hypocrisie et les promesses sans lendemain. Sa colère est souvent froide, réfléchie, structurée. Elle s’accumule devant les injustices et les contradictions jusqu’au moment où la confrontation devient inévitable.
Ce ne sont pas nécessairement des rebelles infantiles, mais des révoltés responsables. Ils ne cherchent pas seulement à renverser l’ordre établi : ils veulent dénoncer les structures devenues inefficaces, remettre en question les institutions qui ne remplissent plus leur mission et restaurer des principes qui ont perdu leur signification.
Ils regardent avec sévérité les adultes inconséquents, les idéologies contradictoires, l’instabilité des relations et le manque de repères. Leur exigence de vérité les rend parfois intransigeants, voire durs, car ils refusent les compromis qui ne servent qu’à prolonger des situations devenues intenables.
Cette génération entend mettre fin aux illusions. Elle réclame du concret, du rationnel, du pragmatisme. Elle se méfie des grands discours, des récits idéologiques séduisants et des promesses de lendemains meilleurs qui ne reposent sur aucune réalité.
Leur objectif n’est pas encore de réinventer le monde, mais de faire le ménage dans ce qui ne fonctionne plus. Avant de reconstruire, il faut identifier ce qui est devenu obsolète, dénoncer les mensonges et assainir les structures. C’est une étape indispensable avant toute transformation durable.
La génération née autour de 1981, Pluton en Balance est face aux générations suivantes se trouve dans une situation bien différente. Arrivée à maturité dans une société profondément transformée, elle a connu les conséquences des bouleversements relationnels engagés par les générations précédentes : multiplication des divorces, recompositions familiales, remise en question du mariage traditionnel, évolution des rôles masculins et féminins, perte de certains modèles éducatifs.
La Balance recherche l’équilibre, la justice, la conciliation et la reconnaissance de l’autre. Avec Pluton, cette recherche se confronte à des rapports de force, à des crises relationnelles et à la nécessité de transformer profondément les manières de vivre ensemble.
Cette génération a souvent tenté de concilier des exigences contradictoires, de préserver les relations et d’éviter les ruptures. Mais cette volonté d’harmonisation devient une faiblesse lorsqu’elle se transforme en hésitation permanente devant les conflits.
Elle se retrouve aujourd’hui confrontée à des générations dont les réactions sont beaucoup plus tranchées : la lucidité parfois impitoyable de Pluton en Scorpion, à partir du milieu des années 1980, puis la rigueur et l’intransigeance des générations marquées par le Capricorne.
À cela s’ajoute la génération née au début des années 1990, marquée par le passage de Saturne en Verseau, puis par celui d’Uranus en Verseau à partir de 1995. Après l’exigence de restructuration du Capricorne apparaît une autre nécessité : rompre avec les modèles devenus trop rigides et inventer de nouvelles formes d’organisation collective.
Ces différentes générations participent aujourd’hui aux confrontations politiques et sociales. On les retrouve dans les institutions, à l’Assemblée nationale, au Parlement européen, dans les mouvements de contestation et sur les barrages, où s’affrontent des conceptions opposées de la souveraineté, de l’autorité, de l’identité collective et de la mondialisation.
Du Capricorne au Verseau , la question est : reconstruire ou révolutionner ?
Il faut également tenir compte du passage d’Uranus en Taureau, entre 2018 et 2026, qui a profondément bousculé les valeurs matérielles, les questions de propriété, de sécurité économique, de territoire et de souveraineté. Ce transit a accompagné une remise en cause des autorités verticales et des systèmes qui prétendent imposer leurs décisions, sans tenir compte des réalités vécues par les populations.
Mais il existe une différence essentielle entre le Capricorne et le Verseau : le Capricorne veut restaurer la solidité des structures, rétablir les responsabilités et retrouver une organisation cohérente. Le Verseau, sous la maîtrise d’Uranus, ne se contente plus de réparer : il remet en question le principe même des organisations devenues inadaptées et recherche d’autres formes de fonctionnement.
Le Capricorne assainit, le Verseau transforme : c‘est précisément cette succession qui éclaire les confrontations actuelles. Les uns veulent remettre de l’ordre dans un système défaillant, tandis que les autres considèrent que ce système a fait son temps et qu’il faut désormais en changer les fondements.
Cette évolution souligne également pourquoi il n’est plus satisfaisant, dans l’astrologie moderne, de maintenir Saturne comme maître du Verseau. Saturne représente la construction, les limites et la continuité, Uranus introduit la rupture, l’émancipation et l’ouverture vers des possibilités nouvelles.
Il est d’ailleurs significatif que William Herschel ait découvert Uranus en 1781, à l’époque de la guerre d’indépendance américaine et quelques années avant la Révolution française. Cette découverte est devenue, pour l’astrologie moderne, le symbole d’une transformation profonde des conceptions de la liberté, de l’autorité et des rapports entre les individus et les institutions.
Une génération marquée par Pluton en Capricorne ne manifestera pas nécessairement de la même façon en France, en Italie, en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Les problèmes économiques et sociaux se ressemblent, mais les moyens de les affronter sont transmis par l’éducation, les institutions et la mémoire collective.
Une question mérite d’être posée : les jeunes Français de 2026 veulent-ils réellement une révolution, ou utilisent-ils une tradition révolutionnaire héritée de leurs ancêtres pour exiger que les institutions remplissent enfin leurs obligations ?
La différence est fondamentale, et rejoint la distinction entre la révolte destinée à détruire et celle qui cherche à reconstruire. Une revue de la presse britannique, allemande et italienne, signée Carolin Lohrenz et Beniamino Morante pose la question. En France, les lycéens sont dans la rue : « Pourquoi pas chez nous ? »
Cette réflexion complète le texte précédent sur les générations marquées par le Capricorne et elle introduit un facteur essentiel : les configurations astrologiques générationnelles ne s’expriment pas indépendamment de l’histoire et de la culture du pays dans lequel les individus grandissent.
