« La haine » est le titre d’un film de Mathieu Kassovitz qui a fait salle comble chez les jeunes, à l’aube des années 2000. Le film fait découvrir les violences urbaines des banlieues françaises, qui deviennent une réalité quotidienne.
A partir de ce film- peut-être parce qu’avant je ne m’en étais pas rendu compte, ne vivant pas en banlieue – la haine a monté dans le monde comme une vague qui submerge tout, à chaque répétition du même drame – bavure policière/ou pas versus un jeune – exploitée par des mafieux qui s’en nourrissent.
Bien sur, elle était déjà ailleurs : aux États-Unis, avec le lobby des armes à feu qui prospérait déjà, (avec pour aboutissement la guerre) – et ce malgré les massacres dans les écoles à cause de l’apprentissage de l’autre comme ennemi, comme du temps des « peaux rouges », alors que ce sont eux qui furent les victimes des conquérants submergeant l’Amérique… chassés de l’Europe par d’autres haines.
Si je me rappelle bien, on nous avait enseigné de s’aimer les uns les autres, puisque toutes les guerres avaient déjà eu lieu, les jeux des enfants consistant à jouer au lance-pierre, à s’affronter avec des bâtons, loisirs qui finalement étaient de la violence masquée, car Mars a toujours été présent.
Lorsque le sport, pratiqué en grande partie par les anglais, est arrivé, sous la pression de la compétition tout est devenu rapport de force*, entretenu dans les entreprises, puis entre les familles, puis dans les familles, et même entre frère et frère. On semble être passé du fair-play au laisser-faire. Et cela s’est généralisé : qu’importe la casse, la méthode, la violence mentale, tout est bon pour être devant, pour en avoir plus, quelque soit ce que cache le « en ». On a enrobé cela de prétextes fallacieux qui n’ont eu d’autres buts que de prendre la place de l’autre, ou de lui prendre ce qu’il avait, amenant le challenge jusque dans les entreprises pour stimuler les résultats.
Venu de la nuit des temps, la violence entre les individus est redevenue le leitmotiv, à tel point que lorsqu’il y a un assassinat, ce sont les proches les premiers soupçonnés, à cause des statistiques. : la motivation étant d’abord la jalousie et ensuite l’intérêt. Actuellement, on nous dit que nous devons nous allier pour être plus fort « contre », sinon s’allier n’a pas d’intérêt puisque nous sommes des « adversaires » commerciaux.
Plus prés de notre vie quotidienne, les employés des transports s’en prennent aux passagers, aux moments les plus importants de leur vie, sciant la branche sur laquelle ils sont assis, puisque ceux-ci se rabattront sur un autre mode de transport la prochaine fois et, les plus hautes instances s’en prennent au public en le laissant aux prise avec ce racket manifeste de leurs droits à circuler. De moyennement ubuesque, les rapports sociaux, le sont devenus totalement.
Et nous voyons venir ce qu’on a appelé « la grosse Bertha » ** des états, qui fomentent des guerres pour finalement vendre des armes, masquant leur incompétence manifeste dans les affaires publiques, car tandis qu’on discute de ce qui se passe sur les mers, on cesse de s’occuper de ce qui se passe dans les campagnes, où l’on commence à s’entre-tuer. Nous sommes dans la caricature d’une société qui fut presque à un moment de son histoire, un modèle d’équilibre.
Aujourd’hui, la guerre de l’image et de l’information joue le même rôle que la grosse Bertha : certaines armes ou technologies comme les drones kamikazes, prennent une dimension mythique dans les médias, le symbole étant exagéré par la communication.
Dans le film « la haine », le leitmotiv est la phrase ; « l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage», ce qui dans l’esprit de Kassovitz voulait dire : ce n’est pas la dégradation progressive qui détruit une société, mais le moment où elle s’écrase et qu’il est trop tard pour réparer.
*bien qu’on nous dise le contraire, car le but est effectivement au départ en plus du développement d’un corps sain, de propager les valeurs de solidarité, de respect, normalement prônées par les entraineurs.
** .Les Allemands ont volontairement diffusé l’image d’un canon invincible.Les Alliés ont repris le surnom dans leur propagande pour désigner la menace allemande.
On fit une publicité abusive pour la force de ce canon allemand qui s’est montré vite inutilisable après 1914 , une pièce d’artillerie capable de percer trois mètres de béton armé et de briser les tourelles en acier au nickel des fortifications françaises. Dans l’imaginaire collectif, on a même confondu plus tard la « grosse Bertha » avec d’autres canons géants, comme la Pariser Kanone (canon de Paris en 1918). Le , le fort de Loncin fut bombardé , les Grosses Bertha, q provoquèrent l’explosion des douze tonnes de poudre du magasin à poudre du fort. Du 8 au 16 août les douze forts ceinturant la ville donnèrent leur reddition, bien que seuls trois d’entre eux (Pontisse, Fléron et Loncin) eussent été bombardés. Les « Bertha » (type M et gamma) dévastèrent les forteresses de Namur, Maubeuge et Anvers, ainsi que les défenses russes du Danube. En Lorraine, le fort d’arrêt de Manonviller, construit en béton spécial et le plus puissant fort, de la ligne Séré de Rivières, fut dévasté par 59 tirs le . Du fait de la guerre de tranchée et du fait de son encombrement, de son poids, elle devint vite obsoléte. La grosse Bertha a marqué les esprits non pas par son usage prolongé, mais parce qu’elle représentait la brutalité soudaine d’une guerre industrielle, capable de renverser toutes les certitudes de sécurité héritées du XIXe siècle.
