Qui est cet homme qui a réuni un million de personnes – plus celles et ceux qui étaient derrière leur écran). par sa seule présence, parmi lesquelles un nombre considérable de jeunes, dans un pays qu’on dit laïcard, cet homme qui a redonné le sourire aux français – excepté les cyniques.
La curiosité nous pousse à chercher à mieux le connaitre, sans toutefois être à la hauteur d’une telle personnalité.
Le pape Léon XIV, Robert Francis Prevost, est né le 14 septembre 1955, à Chicago (Illinois, États-Unis). Cette date et le lieu sont officiellement confirmés par le Vatican. Son heure de naissance exacte n’est actuellement pas connue.
Son Soleil est en Vierge. Cela fait de lui une personnalité qui bien que traditionnellement mérite toutes les marques de respect ne demande pas à ce qu’on lui baise la main, ou qu’on lui fasse la révérence, ce qui est propre à l’humilité de la Vierge, donc cela donne quelqu’un qui observe, écoute, travaille et agit sans avoir besoin de manifester constamment son autorité.
Il irradie de sa personne une douceur remarquable, certains aspects peuvent confirmer cette douceur, sans passer par un ASC incertain. La lune pose également un probléme à cause de l’heure car la lune pourrait être soit en Lion s’il est né en début de journée où se trouve Jupiter, soit en Vierge, ce qui accentuerait la tendance Vierge s’il est né en fin de journée.
Ce que nous relevons, après l’avoir suivi dans sa longue visite en France – est sa manière peu agressive d’occuper l’espace : chez lui réceptivité, discrétion , capacité à accueillir l’autre qui correspond effectivement assez bien au registre de Neptune, ce qui n’a rien d’étonnant pour un homme de foi. Cependant derrière ceci , il a montré durant sa vie une force de caractère face aux gouvernants qui essayaient de le manipuler, or c’est l’Ascendant qui décrit une façon d’entrer en relation avec le monde.
Nous disposons de dates biographiques très précises, confirmées par le Vatican :
une date importante : il entre au noviciat des Augustins à 21 ans, le 1er septembre 1977, moment où il choisit sa voie. On a entendu de nombreux témoignages sur sa confiance dans la doctrine de Saint-Augustin, « le premier d’entre les convertis. »
Ordination sacerdotale, le 19 juin 1982 à Rome
Consécration épiscopale, le 12 décembre 2014 à Chiclayo
Création comme cardinal, le 30 septembre 2023
Election comme pape, le 8 mai 2025.
Sa biographie montre une activité considérable : études de mathématiques, philosophie, théologie, puis droit canonique , mission au Pérou , formation des religieux , responsabilités de prieur : deux mandats comme prieur général des Augustins*, évêque, préfet du Dicastère pour les évêques, puis pape. Il a également beaucoup voyagé et travaillé dans plusieurs langues. Vatican
On distingue donc deux choses différentes : un facteur neptunien suffisamment important pour expliquer cette manière douce, réceptive et peu démonstrative. Ce Neptune est au sommet d’un T-carré et c’est vers Neptune que se concentre une grande partie de la tension d’une opposition entre Uranus et Chiron, qui est un aspect commun à plusieurs générations durant durant le 20e siécle.
Avec la position des planètes autour du zodiaque, nous voyons également un Mars conjoint au Soleil suffisamment efficace pour expliquer l’homme d’action.
Donc au premier coup d’œil nous voyons que l’élément dominant est le signe féminin de la Vierge fortement occupé par Soleil, Mars puis Vénus qui adoucit l’expression martienne, tandis que la Vierge donne cette manière simple, fonctionnelle, d’entrer en relation. Le signe de terre de la Vierge préfère souvent la fonction, au prestige de la fonction. Le pape peut être investi d’une autorité immense sans éprouver la nécessité de la théâtraliser. Il y a là une différence intéressante entre avoir l’autorité et la montrer.
Mars en Vierge mérite d’être réhabilité par rapport à l’image d’un Mars spectaculaire. En effet, ce type de Mars agit, travaille, organise, corrige, administre, règle les problèmes, et recommence jusqu’à ce que les choses fonctionnent. C’est une énergie moins visible qu’un Mars de Feu, mais elle produit une capacité de travail considérable. Chez quelqu’un dont le parcours comporte autant de responsabilités administratives, missionnaires et institutionnelles, ce Mars est loin d’être faible. Mars associé au Soleil et à Vénus évite justement que cette douceur devienne passivité, Mars donnant à Vénus la capacité d’agir. Il peut donc être conciliant dans la forme, tout en étant très actif dans les faits, ce que nous avons vu durant ses quatre jours de visite en France.
Pour les langues parlées, lues et comprises, un rapprochement avec Jupiter et le Sagittaire est obligatoire, mais on y ajoutera Mercure car la capacité linguistique demande souvent cette combinaison : Mercure acquiert, distingue et manie les langues, mais Jupiter permet de franchir les frontières culturelles, et de communiquer avec des univers différents que son parcours international a renforcé.
On découvre ensuite un Jupiter – Pluton en Lion qui apporte un contrepoids considérable. Derrière la simplicité , nous avons une combinaison plus majeure. Jupiter en Lion, lui donne confiance dans sa capacité à guider, protéger, transmettre et représenter, tandis que Pluton en Lion ajoute une dimension de puissance et de transformation. Cela peut expliquer pourquoi l’apparence modeste ne signifie nullement l’effacement. La Vierge modère la représentation mais le Lion permet d’assumer la représentation collective. Pour un pape, la distinction est notable !
Puis, on en vient à l‘axe nodal qui est l’ASC de la Lune. Le pape Léon XIV est né durant la phase balsamique du cycle soli-lunaire, dans les derniers jours précédant la Nouvelle Lune. Dans l’approche humaniste de Rudhyar, cette phase correspond à une conscience tournée vers l’achèvement d’un cycle, la transmission et la préparation d’un avenir différent. Elle peut symboliser une personnalité particulièrement sensible aux contradictions et aux souffrances du monde, éprouvant le besoin de leur donner un sens et de contribuer à leur transformation. Cette disposition pourrait éclairer sa vocation religieuse, dans laquelle le service d’autrui dépasse la recherche de satisfaction personnelle, si l’on cherche à comprendre comment un homme, avec ses difficultés et ses tensions intérieures, peut parvenir à assumer une vocation exceptionnelle.
Le carré à l’axe nodal ne serait donc pas une marque de perfection spirituelle, mais au contraire le signe d’un travail évolutif exigeant. La fonction de la Vierge, avec son sens du service, de l’humilité et du discernement, pourrait être confrontée à une problématique karmique qui dépasse la seule personne, et la Lune balsamique apporte une dimension supplémentaire : celle d’un homme qui ne cherche pas nécessairement à inaugurer quelque chose de nouveau, mais qui pourrait se sentir chargé de transmettre, de préserver l’essentiel et de préparer une transformation, car la vocation n’efface pas les faiblesses humaines, elle peut précisément devenir le moyen de les travailler et de les dépasser. Cela rejoint d’ailleurs la règle de Saint Benoît : l’humilité n’est pas l’absence de faiblesse, mais la conscience de ses propres limites. Peut-être est-ce là le sens le plus profond de l’ hypothèse karmique du carré lune-axe nodal: non pas un homme choisi parce qu’il serait parfait, mais un homme dont le chemin personnel pourrait le conduire à mettre ses propres imperfections au service d’une responsabilité plus grande que lui.
Le Nœud Sud Gémeaux symbolise une facilité déjà disponible, pour communiquer, circuler entre plusieurs milieux et manier différents codes intellectuels ou linguistiques. Le mouvement vers le Nœud Nord Sagittaire en demande davantage : ne plus seulement accumuler ou transmettre les informations, mais leur donner un sens, construire une vision et le transmettre. Cela rejoint l’influence forte de Mercure : le Sagittaire donne la direction mais la Vierge oblige à se confronter au réel : d‘un côté les grands principes, la foi, l’universel et l’étranger, de l’autre le service, les gestes concrets, le travail quotidien et une certaine modestie personnelle ; on peut lire une évolution allant de la multiplicité des connaissances, de l’information, de l’analyse et de l’adaptation Gémeaux, vers une recherche de sens, de cohérence, de transmission et de vision globale Sagittaire.
Le Soleil conjoint Vénus ne constitue pas seulement une caractéristique psychologique puisqu’il est au carré de l’axe nodal, il devient une sorte de point de tension entre le passé représenté par le Nœud Sud et la direction proposée par le Nœud Nord.
On pourrait dire que la Vierge oblige l’axe Gémeaux–Sagittaire à passer par l’épreuve du réel, et qu’il lui faut les rendre les connaissances applicables, les organiser, les mettre au service d’une œuvre concrète. Ici, le Soleil–Vénus Vierge au carré pourrait constituer un correctif permanent : la vision sagittairienne doit subir l’examen de la Vierge. Il doit à la fois être celui qui écoute la multiplicité Gémeaux, celui qui porte une orientation spirituelle universelle, Sagittaire, et celui qui doit gérer une institution extrêmement concrète, Vierge.
La construction de l’identité solaire passe donc par des valeurs vénusiennes : recherche d’accord, capacité de conciliation, importance accordée à la relation, manière relativement douce de manifester l’autorité. Vénus s’exprime par la disponibilité, le service, la simplicité et une attention concrète portée à autrui. Cela correspond à l’image publique d’un homme ayant longtemps travaillé dans la formation, l’administration et la mission, plutôt que dans la recherche d’une visibilité personnelle. Il a notamment passé de nombreuses années au Pérou et a dirigé l’Ordre de Saint-Augustin pendant deux mandats. Vatican
Uranus en Lion opposé à Chiron en Verseau met déjà en tension deux pôles. Uranus en Lion porte une nécessité d’affirmation qui est de ne pas simplement reproduire ce qui existe, mais d’ introduire quelque chose de personnel, éventuellement rompre avec les formes d’autorité établies. Face à lui, Chiron en Verseau peut symboliser une blessure ou une difficulté concernant l’appartenance au collectif : comment être membre d’un groupe, d’une institution, d’une communauté, sans perdre son individualité ? Et inversement, comment exercer une singularité sans se couper du groupe ?
Chez un homme qui devient pape, en ce moment particulièrement difficile, le personnage individuel et l’institution universelle ne peuvent pas être complètement séparés. Il devient personnellement porteur d’une fonction qui le dépasse.
Neptune en Balance au sommet du T-carré change considérablement la manière dont cette opposition peut chercher sa résolution. Neptune en Balance aspire à dépasser les antagonismes, à trouver une unité derrière les oppositions, à rechercher une forme de communion plutôt que la victoire d’un camp sur l’autre. La Balance ajoute la médiation, la relation et la recherche d’équilibre. Cela produit une très grande capacité à sentir ce qui rapproche les personnes, plutôt qu’à insister sur ce qui les sépare. Nous retrouvons d’ailleurs quelque chose qui rejoint le Soleil–Vénus dont nous parlions : la recherche de l’accord devient très importante.
Mais Neptune comporte toujours son ambiguïté. Vouloir réconcilier peut conduire à ne pas vouloir trancher. La recherche d’une unité supérieure peut parfois estomper des différences qui, elles, sont réelles. Neptune peut inspirer, mais également idéaliser et la Balance peut négocier, mais également hésiter. Le problème posé par ce T-carré pourrait donc être : jusqu’où peut-on chercher l’unité sans dissoudre les contradictions ?
Et c’est là que l’opposition Uranus–Chiron reprend toute sa force. Uranus oblige à introduire la différence que Neptune voudrait parfois transcender. Chiron rappelle en même temps que cette différence peut blesser ou produire de l’exclusion.
Les deux T-carrés, semblent poser deux fois une question assez semblable sous des formes différentes.
Le premier, Soleil–Vénus Vierge carré à l’axe nodal Gémeaux–Sagittaire, demande : comment passer de la diversité des connaissances et des paroles, à une orientation commune, en conservant le discernement ?
Le second, Neptune Balance carré à Uranus Lion opposé Chiron Verseau, demanderait plutôt comment faire avec des personnes différentes une communauté sans supprimer leur différence ?
Car l’unité n’est pas l’uniformité : c’est ce qu’il a formulé dans un discours !
Cela éclaire la devise de Léon XIV : In Illo uno unum (nota). Le thème, dans cette lecture, ne montrerait pas simplement un homme porté vers « l’unité » mais surtout la difficulté permanente de construire cette unité à partir de la pluralité. C’est beaucoup plus intéressant, parce que l’unité apparaît alors non comme un acquis, mais comme un travail.
Nota :
In Illo uno unum cette formule exprime une idée essentielle de la pensée de Saint Augustin : les êtres humains, malgré leurs différences, sont appelés à former une unité dans le Christ, sans perdre leur individualité. Il ne s’ agit donc pas d’uniformité, mais d’une communion qui respecte la diversité. Cette devise éclaire la conception de l’Église défendue par Léon XIV : une communauté dont l’unité ne repose pas sur l’effacement des différences, mais sur ce qui rassemble les hommes au-delà de leurs particularités. On peut même y voir une philosophie de la fraternité : être unis sans être identiques.
Son parcours associe formation intellectuelle, mathématiques, philosophie, théologie et droit canonique, puis enseignement, gouvernement d’un ordre religieux et missions internationales : diplôme de mathématiques, études de philosophie, doctorat en droit canonique, enseignement de la théologie morale, de la patristique et du droit canonique, puis responsabilités de formation et de gouvernement. Vatican
*La Règle de Saint-Benoît est un texte rédigé vers 530 par Benoît de Nursie pour organiser la vie d’une communauté de moines. Elle dépasse largement un simple règlement monastique : elle propose une manière de vivre ensemble fondée sur l’équilibre, la mesure, la responsabilité et l’attention aux autres. Son principe est souvent résumé par la formule « Ora et labora » : « Prie et travaille », même si cette formule n’apparaît pas telle quelle dans la Règle. La journée doit trouver un équilibre entre la prière, le travail manuel ou intellectuel, la lecture et le repos. Benoît se méfie autant de l’oisiveté, que des excès : chacun doit participer à la vie commune selon ses capacités. La Règle repose notamment sur quelques principes très forts : écouter avant d’agir, obéir à une règle commune plutôt qu’à ses seules envies, pratiquer l’humilité, respecter les plus faibles, accueillir l’étranger, prendre soin des malades et considérer le travail comme participant à la dignité humaine. L’abbé possède une autorité réelle, mais il n’est pas censé gouverner arbitrairement : il doit consulter la communauté, notamment lorsqu’une décision importante doit être prise. Benoît précise même qu’il faut écouter les plus jeunes, parce que Dieu peut révéler à un plus jeune ce qui est préférable. Un aspect particulièrement moderne est son souci de tenir compte des différences entre les personnes : la même exigence ne doit pas être appliquée mécaniquement à tous. L’abbé doit adapter sa conduite aux caractères, aux forces et aux faiblesses de chacun. La discipline existe, mais elle doit rester proportionnée et orientée vers la construction de la communauté. Enfin, la Règle insiste beaucoup sur l’hospitalité : « Tous les hôtes qui arrivent seront reçus comme le Christ » . Les personnes âgées, les enfants et les malades doivent bénéficier d’une attention particulière. Les biens ne sont pas individuels : chacun reçoit ce dont il a besoin plutôt qu’une part strictement identique. C’est probablement ce qui explique sa longévité : Saint Benoît ne cherche pas à fabriquer des êtres parfaits ; il cherche à rendre possible une communauté durable entre des êtres humains différents. Sa règle associe donc autorité et consultation, discipline et modération, travail et vie intérieure, autonomie personnelle et devoir envers la communauté. C’est beaucoup plus une éthique de la vie commune qu’une simple série d’interdictions.
