De l’inconscience à la conscience de soi

Au moment où nous devons voter, cette idée sur l’inconscience de soi et des autres s’est imposée en observant les tergiversations des candidats, dont certains disent le contraire de ce qu’ils ont dit la veille, à tous les niveaux des plus jeunes aux plus vieux. Entre les  » on est chez nous » et les « nous descendons tous de Lucie, donc nous sommes noirs », on a la tête qui tourne.

Sommes-nous si différents ? 

Sommes nous conscient de ce que nous sommes, de ce que nous disons , de ce que nous montrons à voir ?

Passer de l’inconscience à la conscience de soi est en réalité assez simple dans son principe, mais lent dans son vécu. L’inconscience, c’est vivre sans se voir agir : la conscience, c’est commencer à se regarder en train de vivre.

Il ne suffit pas de se regarder dans la glace le matin !

Le passage se fait toujours par la répétition : mêmes situations, mêmes émotions, mêmes échecs. À un moment, une fatigue apparaît : “ça ne marche pas”, “ça recommence”. Ce n’est pas encore de la conscience, mais c’est le début.

Le vrai basculement arrive quand la personne se pose une question différente : au lieu de “pourquoi ça m’arrive ?”, elle commence à se dire “qu’est-ce que je fais, moi, là-dedans”. C’est le point de départ.

Ensuite, il faut simplement observer : « ce que je ressens, ce que je fais toujours, ce que je cherche chez l’autre ». Puis il faut relier : “je reproduis ça”, “je choisis souvent ce type de situation”. Mettre des mots, suffit déjà à sortir du pilotage automatique.

Ce qui bloque le plus l’évolution, est le déni, “ce n’est pas moi” – l’évitement, se distraire, rationaliser- , ou le jugement “je suis nul”,  ou « il ou elle est nulle » -, qui empêche d’observer calmement.

On n’avance pas tout seul : il faut des miroirs (et des rétroviseurs)  donc des relations -, faire un écart de côté  avec personnes plus stables , mais personne ne peut faire la prise de conscience à votre place.

La conscience de soi n’est pas un effort : c’est accepter de voir ce qui se répète en soi, sans se raconter d’histoire et sans mauvaise foi..

Une expression populaire imagée le résumerait par « il faudrait savoir où tu habites ».