La fin du calendrier des P & T sera la fin d’un monde, celui des contacts humains , avec des gens normaux, pressés mais pas trop, dans un monde organisé pour vivre en société. C’était un monde où les gens seuls pouvaient voir quelqu’un d’alerte, une fois par jour devant leur portail, et où l’on pouvait trouver des bistrots ouverts à toute heure pour s’attabler avec des amis.
On a maintenant nos livreurs de colis, ce qui est bien pratique lorsqu’on ne trouve plus rien prés de chez soi, qu’on n’a plus de voiture, ou qu’on n’a plus la force de courir dans les magasins, en mettant de l’essence de plus en plus cher dans le réservoir. Mais justement, ils sont chronométrés, et il est vain de croire qu’on aura un brin de conversation avec eux.
Ceci est remplacé par des conversations intéressantes et sur tous les sujets possibles et imaginables avec l’ IA, certes intelligente, qui vous tutoie ou vous vouvoie, selon votre bon vouloir.
Nous sommes tous condamnés à vivre comme des générations d’autistes – pardon on dit maintenant « troubles du spectre de l’autisme »* – avec casque sur les oreilles , qui n’ont pas besoin de communiquer parce que pour eux c’est LE problème, or ce sont eux qui fabriquent les logiciels, et n’ont donc, aucune notion du « vivre ensemble ». Si en plus, vous ajoutez à cela qu’ils ont inventé tous les jeux inter-actifs, qui se vendent dans tous les foyers, vous résumez la société, à une bande d’invalides solitaires, reliés à des écrans, semaines et jours fériés (jeux qu’on tente de plus en plus à rendre intelligents quand même).
Cela a commencé avec le portable, cet outil qui contient maintenant toute notre vie et, qui un jour sera surement remplacé par une puce, si l’on en vient à avoir tellement perdu de notre autonomie, qu’on ne peut plus vivre sans laisse. Déjà, certaines personnes mettent des logiciels de traçage sur les téléphones, pour savoir où se trouvent leurs enfants, leur compagne, le chien…tellement commode pour la police, en cas de… Adieu, l’intimité, finit la confiance, bonjour les questions indiscrètes : « tu parlais avec qui durant une demi-heure à 18 h, alors que tu devais rentrer directement à la maison ? ». Plus question de mentir, ou alors il faudra apprendre à le faire.
Votre voiture électrique se comporte avec vous, comme si vous étiez une « personne à mobilité réduite » en vous indiquant que vous avez roulé sur une bande jaune, que vous allez reculer sur le terrain pendant que vous faites une marche arrière en campagne, que vos ceintures ne sont pas attachées, et que vous devriez tourner à droite au prochain carrefour. Et inutile de soulever le capot si elle ne démarre pas, c’est sans doute que vous avez oublié d’appuyer sur un bouton, ou de dire une commande !
Nous entrons dans un monde d’invalides dont la peur sera la seule compagne, incapables de se faire confiance ou d’avoir confiance !
Depuis l’éruption des ordinateurs portables dans la vie courante, tout le monde tape avec deux, voir trois doigts, sur les claviers, les enfants ne savent plus lire que l’heure américaine, ne comptent plus qu’avec une machine à calculer sur leur téléphone, et ont simplifié l’orthographe, en empruntant des raccourcis lorsqu’ils parlent, cela a commencé avec les textos, avec les abréviations moitié anglaises et françaises – MDR, LOL, etc.
Ils n’inventent plus des nouveaux mots en parlant, ils coupent les anciens, sans passer par des abréviations, qui ont été à la mode à partir des années 70, où l’on a inventé l’expression « sortir avec quelqu’un » pour dire « coucher avec quelqu’un » parce qu’elle faisait pudique, alors qu’on revendiquait le droit de LE faire : là nous sommes dans une situation où une personne des années soixante, ne comprend plus ses petits-enfants.
L’emprunt aux raccourcis anglo-saxon est tellement énorme que même un licencié en anglais ne sait plus de quoi on parle : on a introduit des mots spécifiques pour tout, empruntés aux termes techniques la plupart du temps, qui fleurissent dans le langage (voir article dans le blog), sans qu’on n’ait jamais cherché à savoir s’il n’existe pas le parfait équivalent en français, et cela chaque jour.
Les académiciens, et ceux qui défendent la langue française sont muets depuis vingt ans. Désormais On parle mieux français au Quebec, car eux veulent préserver la langue française.
Les journalistes eux-mêmes, une profession tellement utile, passés vaguement par une école de journalisme ou par Science Po, ne sont plus capables d’expliquer à un public, de moins en moins cultivé, les choses qu’eux-mêmes, devraient au moins leur apprendre ; certains sont formatés comme des robots avec une méconnaissance abyssale de la géographie et de l’histoire, athées pour la plupart ce qui fait qu’ils n’ont aussi aucune connaissance spirituelles, et qu’ils posent des questions vicieuses à des interlocuteurs médusés qui se demandent ce qu’ils font là, dans le seul but de faire monter l’audimat (buz).
On invite les vieux qui sont à la retraite, anciens qualifiés, très décorés et disponibles, mais lors des micro trottoirs, on interpelle les jeunes, selon l’opinion que l’on veut avoir, ce qui fait qu’on a des visions totalement déformées de la réalité, car les jeunes s’en fichent quelque soit le sujet, sauf s’ils sont entrain de casser quelque chose lors d’ une émeute, et on met des caméras pour surveiller tout cela, mais on n’aura personne, pour les juger l’heure venue, ce qui fait que toute cette technique n’aura servi à rien (absurd land).
Entre temps, ils seront partis casser ailleurs, ou se seront rangés parmi le grand banditisme.
Le fin du fin est l’apparition de robots de service personnel – déjà un peu utilisé – dans les structures d’accueil, tandis que les migrants de tous les pays, déplacés pour cause de guerres qui durent, sont refoulés, alors qu’on aurait du travail pour eux.
Pendant ce temps là, le peuple affolé se tient tranquille et évite de regarder de près des gens qui en procès pour diverses raisons (viols, concussion, prises illégales d’intérêts), sont de nouveau sur le devant de la scéne, à des postes confortables : c‘est presque rassurant : nous sommes encore dans l’ancien monde.
Pour conclure sur une note positive, le Centre hospitalier de Monaco est équipé avec de merveilleux robots d’aide à la chirurgie, pour inciser finement les parties molles de notre anatomie , ce qui facilite ensuite le processus de cicatrisation …
Il y a sans doute partout, peut-être encore, des choses susceptibles d’être qualifiées de normales…
Mais le changement d’horaire, ne passe toujours pas.
*on doit surement ce changement de nom à la célébrité d’Elon Musk, le génie
