L’Astrologie holistique humaniste mais karmique du XXIe siècle

Dire qu’on fait une Astrologie holistique* signifie qu’on globalise, qu’on synthétise une lecture de la personnalité de quelqu’un en comprenant qu’il n’est pas la somme de parties, mais que ces parties forment un tout cohérent qui en fait un être unique. 

L’Astrologie humaniste se concentre sur l’homme du point de vue de sa croissance spirituelle, afin qu’il conscientise ses possibilités et qu’il sorte de ses pulsions qui le poussent à toujours agir de la même façon, notamment quand en plus il s’aime assez pour dire : “je suis comme cela , je ne changerais pas !”. Ainsi, l’astrologie sert de base ou de moyen au développement personnel.Voici l’astrologie telle que la concevait le père de tous les astrologues de la seconde partie du XXe siécle. Dane RudhyarDaniel Chenneviére, musicien et philosophe Français,  qui immigra aux États-Unis en 1916 – il disait : “Mon approche est orientée sur la possibilité de développer en chaque personne un enthousiasme constant à se transformer soi-même et à s’affranchir des modèles socio-culturels du passé. Sur la croyance qu’il existe de manière latente en chaque homme et femme le pouvoir d’être plus grand qu’il n’est, plus créatif, plus libre, et pourtant plus profondément engagé au processus de transformation du monde, je maintiens que chaque personne est un “être céleste”,  si seulement il acquiert la force et le courage de tenir par la vérité de son être, et parvient à tenir sa place et, utiliser son libre arbitre sur cette terre en utilisant avec intelligence  les indices que contient le thème…”

C’est Abraham Maslow,  psychologue américain connu pour ses travaux sur la motivation, et qui a axé ses recherches sur l’accomplissement de soi . On doit à Carl Rogers, autre psychologue américain, l’idée de développement personnel , qui a insisté sur l’approche centrée sur la personne ( voir texte précédent sur Dane Rudhyar ).

En France, la psychologie transpersonnelle a du mal à s’imposer comme un courant fort de la psychologie et, est absente des enseignements universitaires du fait de sa posture qui intègre clairement la dimension spirituelle de l’humain, «une discipline visant à faire une synthèse de la spiritualité authentique et de la science » selon Grof,  dénonçant l’impasse de l’actuel paradigme scientifique matérialiste et, prônant l’émergence d’un nouveau paradigme.*

“Dans l’approche psychologique et spirituelle particulièrement développée en Astrologie Humaniste, ce qui est mis au cœur de la recherche n’est pas l’événement (et, surtout pas la prédiction), mais plutôt la manière dont celui-ci est vécu, et ce qui devient important n’est pas la nature de la chose vécue, mais les répercussions qu’elle engendre en nous”.

L’Astrologie est une Science Humaine (comme la sociologie, la psychologie), qui procède par observations, analogies et recoupements, classification, mais en même temps qui a une dimension aléatoire due au fait que le vivant,  varie toujours du fait de sa liberté. L’Astrologie ne doit donc pas se figer   avec des données écrites qui seraient le reflet de comportements et, de traits de caractère complètement formatés à une certaine période,  le comportement général humain variant selon les idées dominantes d’une époque.

Pour pratiquer l’Astrologie, si on a besoin d’une dose d’intuition et, d’ouverture d’esprit, il faut en outre des notions de psychologie (être psychologue est une chose, connaitre les bases des mécanismes humains en est une autre), et  on ne peut remplacer le savoir technique de l’astrologie  car aucune réponse ne peut être donnée sans une explication cohérente, puisque nous ne sommes  dans la logique des cycles des astres , ces cycles sur lesquels sont articulés les théories symboliques d’après les observations sur les vivants. 

Nous savons que nous venons au monde au moment où quelque chose était déjà en marche. Nous montons dans “un tramway nommé Désir”. Nous apportons nos gènes, les histoires de notre lignée, et elle est longue. Ceux qui font de la généalogie savent bien qu’ils sont le résultat vivant  de dizaines de couples qui ont survécu pour leur permettre d’être là.” Notre thème dit sur nous des choses que nous ne savons pas (migration, violences, mais aussi dons).

Les astres, selon les termes anciens, les planètes maintenant, ne sont ni maléfiques, ni bénéfiques, bien qu’on puisse penser  qu’il existe un projet pour nous de toute éternité, marqué du sceau d’un certain déterminisme, même lorsqu’on tente de le fuir en partant à l’autre bout du monde. Il y a une marge entre le réel et le supposé et,  surtout on ne sait jamais comment fera la personne pour se débrouiller avec sa réalité, parce qu’on ne connaît pas son degré de résilience, son courage, et son éveil spirituel : on reste donc dans la  théorie tant qu’elle ne s’est pas racontée dans une entrevue  si possible , détendue. 

Mon souci est  de faire connaître , et de “mettre à la portée” des gens  à la recherche de sens, ce que je découvre  afin de rendre service, plutôt qu’amonceler des savoirs   compliqués incommunicables réservés à un petit milieu.  L’Astrologie dite karmique aide à trouver sa voie, qu’on croit ou pas à la réincarnation, le but de l’Astrologie, étant de spiritualiser la matière, de donner du sens”.

Avant toute chose , oubliez toutes vos idées préconçues sur le karmique : Dans certaines histoires de vies célèbres , on arrive à la constatation d’un inévitable réincarnation d’une âme dans un corps : l’exemple de Mozart est bien connu, mais il en est de bien des artistes peintres ou musiciens, comme il en est de certains chemins tellement alambiqués qu’on se dit que cela ne peut pas être le fait du hasardIl n’y a eu qu’un Mozart,  beaucoup de gens sont nés le même jour et ont eu le même thème. Avoir un aspect (ou deux, même trois, d’une personne ne fait pas de vous cette personne). A force de vouloir “faire scientifique” en accumulant des preuves par analogie, on arrive à de graves erreurs d’interprétation.

L’astrologie dite karmique est l’ intention de l’âme pour aller vers une progression spirituelle, à partir des données du ciel natal rencontrées à l’instant T de la naissance. Ce n’est pas une histoire de sorcellerie avec des vies antérieures merveilleuses de prêtresses en Égypte ou, de  tortionnaires de l’inquisition. Il est dommageable de  culpabiliser quelqu’un qui cherche à se connaître, donc à progresser, en l’accablant d’un passé sulfureux,  dont il ne se sent pas proche. La plupart du temps, on retrace un chemin qui remonte à des ascendants qui ont été absents de la vie de la personne, ou bien  à des affaires douloureuses comme des pertes, des deuils, des migrations, des guerres  qui impactent encore la personnalité. Ce sont toujours les mêmes vérités qui sont à l’œuvre depuis des millénaires. Ce ne sont pas les hommes qui changent, ce sont les techniques qui évoluent , mais il s’agira toujours de lutter contre soi-même   à l’ intérieur et non à l’extérieur,   en s’appliquant à soi-même  les lois non écrites.

L’univers qui nous contient, et qui est contenu en nous, a une organisation qui lui est propre, même s’il nous parait aveugle et sourd, nous devons nous rendre compte que nous  faisons partie de cet ordre dans lequel est inclus notre libre arbitre, donc  il  ne s’agit pas non plus, de s’en remettre à la fatalité, car nous dit Boris Cyrulnik **: ” Le déterminisme n’est pas une fatalité”.

 

*Pierre Lassalle  a introduit ce terme en France

**Boris Cyrulnik, né le à Bordeaux, est un médecin, neuropsychiatre et psychanalyste français. Il est directeur d’études du diplôme universitaire d’éthologie humaine de l’université de Toulon. C’est  un essayiste connu comme auteur d’ouvrages de psychologie et de récits de vie. Il a notamment vulgarisé le concept de « résilience » (renaître de sa souffrance) qu’il a tiré des écrits de John Bowlby.

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