La conjonction exacte Neptune-Saturne directe se produit à 1° en Bélier, le 15 moment de la pleine lune mais elle marquait déjà notre ciel en Poissons, avec ses mouvements de rétrogradation.cet aspect fait écho à celui des personnes nées dans les années cinquante qui le possède dans leur thème natal.
J’ai déjà parlé de cette conjonction qui ne se produit que tous les 36 ans qui au sens stricte, ne va pas durer plus de deux ans et quelques semaines selon la route de Saturne.
Cette conjonction marque un moment où l’on ne peut plus se réfugier dans les discours, car les anciens récits protecteurs ne fonctionnent plus. Les idéaux hérités se dissolvent, alors qu’ il faut décider : cela crée une époque de commencements fragiles , d’actions incertaines, de responsabilités assumées sans garanties immédiates. Les promesses de réparation apparaissent creuses, car le moment demande de l’authenticité.
Saturne oblige à regarder ce qui tient réellement, Neptune révèle l’illusion, le Bélier impose la confrontation : il n’y a plus de médiations faciles. Les lois sont rejetées si elle ne sont pas suivies d’effets, des mouvements d’insurrection se succèdent jusqu’à ce qu’une forme d’autorité capable apparaisse, car ce sont les systèmes eux-mêmes qui ont produit la violence.
Le corps nous rappelle ses limites car le corps physique (symbolisé par le Bélier) devient révélateur : ce qui épuise n’est plus acceptable ! On apprend à vivre au jour le jour , à poser des actes, plutôt que des théories.
Neptune révèle les sacrifices cachés et sa proximité avec Saturne l’entérine, alors que le Bélier rend ce sacrifice visible : ce sacrifice n’est plus valorisé, il est critiqué , on ne veut plus souffrir pour des abstractions. On veut bien consentir à des engagements s’ils sont clairs. Saturne-Neptune en Bélier est une atteinte à nos repères symboliques, mais aussi matériels, le Bélier oblige à agir quand même, ce qui est profondément déstabilisant car agir sans certitude idéologique, c’est être privé de cadre rassurant.
Cela réactive nos angoisses archaïques : survivre, tenir, décider sans savoir si c’est juste, , le Bélier accélère le passage à l’acte et Saturne demande de tenir sans reconnaissance, tandis que Neptune enlève la consolation Collectivement, ce n’est pas une initiation douce, il n’y a pas de promesse, seulement une exigence : faire face, agir malgré la peur, accepter l’inconfort sans le sublimer.
Ce type de cycle ne vise pas l’héroïsme, il ne demande pas d’être fort, il demande d’être
réel, et c’est cela qui est le plus difficile.
Bien que Chiron soit déjà plus avancé dans le signe du Bélier, son action indique une blessure liée au droit d’exister : j’ai le droit d’être là et de poser un acte , c’est une atteinte de l’élan vital, du courage spontané, de l’affirmation de soi, vécue comme une peur d’agir, une culpabilité d’exister, ou au contraire accompagnée de passages à l’acte défensifs.
Chiron ici met en lumière une blessure liée à la violence subie, infligée, nécessaire pour survivre. Le Bélier est le signe symbolisant la naissance, avec Chiron, c’est une naissance non accompagnée, non garantie, souvent violente : le collectif est confronté à une réactivation massive de la blessure fondatrice, Saturne remet en mémoire la contrainte, la responsabilité d’exister, et Neptune dissout les protections qui permettaient de supporter cette blessure, Chiron rend la douleur consciente.
Chiron dit : l’acte fait mal mais Saturne dit : il faut quand même agir , Neptune dit : il n’y a plus de sens garanti, pour soutenir .
Saturne Neptune en Bélier ouvre un cycle d’actes sans garantie , Chiron en Bélier révèle que cette situation touche une blessure ancienne, non cicatrisée, collective, liée à l’existence même, mais c’est précisément parce que Chiron est là que ce cycle ne peut pas être seulement destructeur. Chiron n’efface pas la blessure, il oblige à changer la manière d’agir avec elle, moins dans la bravoure, moins dans le sacrifice, plus dans la lucidité, la mesure, la reconnaissance de la vulnérabilité. Ce n’est pas un cycle de guérison au sens confortable, c’est un cycle où l’on apprend , cette conjonction est rude, parfois violente, mais elle ouvre la possibilité d’un courage lucide, responsable, espérons-le : non sacrificiel.
